31/12/2014

*S'enroser*



































L'envie d'un papillonnage avant la dernière nuit
Avant le saut le bond le fossé.
Surtout ne pas faire de bilan, il pourrait être positif et ce n'est pas mon genre.
Définitivement.

Vous la voyez comment
Vous
La suite du papillon ?
Cinq ans et demi que je papillonne.
Je pourrais presque avoir mal aux ailes
Mais non
C'est ailleurs
La douleur
Chuuutt
Presque plus....

*

J'ai entendu une petite histoire. Vraie. Tout neuve.
J'ai envie de vous la raconter pour terminer l'année.

Une gentille dame avait de beaux rosiers. Elle guettait les roses.
Mais tous les matins où une rose aurait dû éclore, elle avait disparu.
Une à une, les roses disparaissaient et ses beaux rosiers n'avaient jamais de roses.
Quelle déception pour la gentille dame.
Un de ses amis lui propose de cacher son nouvel appareil photo très perfectionné non loin du rosier. C'est un appareil qui se déclenche avec le mouvement.
L'appareil est donc caché. Tout le monde est couché.
Clic clac. Cinq heures du mat. Cric crac sécateur. La voleuse est là.
L'image est dans la boîte.
Et que découvre la gentille dame ?
Une de ses voisines, au tout petit matin, cueille ses roses toutes fraîches sous la rosée !
Qu'à cela ne tienne !
La gentille dame glisse la jolie photo dans la boîte aux lettres de la voleuse de roses.
Et que reçoit la gentille dame en retour ?
Un magnifique bouquet ! De roses bien sûr.

Pas de moralité mais juste l'envie de dire :
Qu'attendez-vous pour nous couvrir de roses ?




21/12/2014

*Décembrer*

























Je n'ai rien préparé pour Noël
Je n'ai même pas de tennis pour aller à la mer
J'ai baigné les orchidées
Entassé les gilets
Je me suis relevée trop vite
Il y a eu le vertige

Quelque chose m'échappe

Tant pis
Je marcherai pieds nus sur le sable
On s'offrira des coquillages

*

Merci à vous d'être là



18/12/2014

*Saisir*
























C'est parce que lundi j'avais froid sur les quais
La Seine était marron j'aime ses remous et le gris tout autour
J'ai marché longtemps accompagnée par une cascade de messages et sur mon visage des sourires en cascade

C'est parce que mardi j'ai senti qu'elles me tournaient autour Tristesse et Mélancolie alors j'ai mis dans mon sac un lapin trois oiseaux une bouche épinglée sur un coeur un truc doux j'ai pris un vélo le soleil m'éclatait au visage c'était délice
Et c'est à ce moment-là que j'ai lu, vous pourriez nous écrire une chanson ?

C'est parce que mardi (toujours) il a dit, pourquoi êtes-vous si insaisissable ?
J'ai dit mais voyons, comment voulez-vous que nous nous saisissions ?

C'est parce que mercredi on m'a offert Arthur (H) et il m'a dit, regarde droit devant et avance. D'accord. Et il m'a dit aussi, viens nous irons vivre libres, dans un pays sauvage. J'arrive. Et il m' a demandé
est-ce que tu aimes
est-ce que tu aimes
est-ce que tu aimes
est-ce que tu aimes
est-ce que tu aimes
est-ce que tu aimes
Et puis, il a dit, je suis beaucoup trop sensible mon petit coeur...
Et plus doucement, je suis un bandit, tu sais. (Mais j'aime les bandits, Arthur...)
Il m'a dit aussi, le bonheur c'est plus précisément oublier. Oui. Mais moi je ne veux pas oublier, tu sais Arthur, j'aime me souvenir.
Alors il a dit encore, quand on veut vraiment quelque chose souvent on l'a. Et il a dansé avec Madonna.
Puis on s'est serrés sur cette chanson-là, sur ce désir-là.
Il m'a dit tout et il a regardé vers moi, merci à vous d'être là.
Alors je lui ai dit, Arthur, tu sais, tu peux me tutoyer maintenant.
J'avais envie de danser sur le trottoir mais il pleuvait.
J'ai pris le métro et déjà tu dormais.

*
Attention attention, pour vos commandes, il n'y a aura pas d'expéditions entre le 22 et le 28 décembre.



15/12/2014

*Dupliquer*












C’est joli ce que tu m’écris. C’est joli. C’est joli ce que tu devines. Oui. c’est joli. C’est joli ce que tu imagines. C’est joli ce que tu. Oui. C’est joli ce que tu m’inspires. Oui. Je crois. C’est joli. C’est joli ce que tu me lis. Oui. C’est. C’est joli. C’est. Ce que tu envisages aussi. C’est joli. C’est joli ce que tu me dessines. Oui. C’est joli ce que tu ne dis pas. Si. C’est joli. Je. C’est joli ce que tu me suggères. Oui. C’est joli ce que tu. C’est. Si. Joli. C’est joli ce que tu répètes et que tu balbuties même. Oui. C’est joli que tu n’hésites pas. C’est. Oui. Je ne sais pas. Joli. C’est joli ce que tu inventes. Ce que tu me présentes. Merci. Oui. Joli. Vraiment. Ce que tu me voues ce que tu m’avoues. Tu. C’est joli. Ce que tu. Tentes. C’est joli ce que tu danses. Aussi.
Oui.

*

Je me permets un doublon, manquerais-je d'inspiration ?
Je manque de temps plutôt, je manque de temps, je manque de ce calme nécessaire aux petits mots. Je manque d'espace.

*

Merci pour toutes vos commandes, et, attention, ce sont bientôt les vacances ! 



07/12/2014

*Youyouter*



















La petite dame chinoise m'a chuchoté en mettant son doigt devant sa bouche qu'elle allait partir d'ici
La petite dame chinoise a fait un geste de la main dans la direction de son départ
La petite dame chinoise m'a écrit sur un mouchoir en papier l'adresse de l'endroit où elle travaillera dès lundi
La petite dame chinoise a dit "chut" et a regardé discrètement derrière la porte
La petite dame chinoise m'a dit, personne ne sait ici
La petite dame chinoise m'a écrit son prénom aussi
La petit dame chinoise s'appelle You You
J'ai dit, d'accord, à la petite dame chinoise, je viendrai vous voir
Et je suis partie avec le petit mouchoir, plié en deux sur son écriture maladroite, dans mon sac.

Je pense que la petite dame chinoise ne sort pas seule dans la nuit
J'ai le petit mouchoir dans mon sac et je suis seule sur le quai désert et glacé
Dans la nuit
Je n'ai pas peur je n'ai pas froid je file je survole je me grise
Des lumières
Des pavés scintillants
Des fantômes
De la Seine profonde
Du lointain obsur

La nuit me chuchote des coquetteries
C'est joyeux
C'est délicieux
C'est vivifiant comme ce petit nuage qui sort de ma bouche quand je vous parle
C'est éphémère comme ce petit nuage qui sort de ma bouche quand je vous parle

C'est un joli prénom, You You
YouYou


Ce dimanche 14 décembre, je serai aux côtés de Mister Wood et Blabla, etc pour une petite vente autour d'un goûter chez Maison Bastille. (34 bis, rue Amelot à Paris 11e, à partir de 14 heures.)

02/12/2014

*Ondoyer*



















Les courbes de la passerelle déjà ont fait naître l'élan
Et
Pour la première fois depuis de très longues années j'ai mis une chanson dans mes oreilles
Le besoin subit de m'en emplir
Et
En haut des escaliers le public a frappé dans ses mains au rythme des premières notes de la musique
Et
J'ai descendu les marches de pierre en accompagnant les battements
Des mains
De mon coeur
J'ai souri
J'ai inspiré longtemps
Déploiement

J'entendais claquer mes talons sur la pierre
Et
La chanson a commencé en bas des escaliers
L'élan s'est amplifié
J'aurais pu suffoquer
J'ai marché traversé enjambé envisagé empli balayé dansé contourné ondoyé
Transportée que j'étais par la chanson
Très belle
Transportée par mon envie de m'élancer dans le parc
De me rouler dans les feuilles
De courir jusqu'à
Non
Si
Jusqu'à.
Rien.

Quatre
Je l'ai remise quatre fois dans le froid du matin
Puis une cinquième sur le chemin du retour
J'ai laissé ensuite mon corps résonner
Digérer l'élan
S'apaiser










C'est émouvant, dit-elle.
Cela me fait tellement de bien, dit une autre.
C'est si beau, dit une troisième.
Merci... chuchote une timide.

Nous nous tenons en retrait. Nos lettres sont exposées. Nous nous connaissions à peine. Nous voilà dévoilées.
Oui, c'est beau. Très. C'est émouvant. Très. C'est inspirant. Très. C'est beaucoup. C'est tellement. C'est un projet en cours. Ce sont des possibilités. Multiples. Des envies. Communes et diverses. C'est la liberté. La sienne. La mienne. C'est sans obligation. Ce n'est plus un secret mais c'est toujours un secret. Ce sont des prémices. Des bribes. Des instants. Du silence. Des aveux. Une vérité simple. Un chemin.
C'est. Notre correspondance.













Le soir
En rentrant
J'ai remis la chanson encore plusieurs fois très fort partout autour partout autour partout dedans partout dessous partout
Et
L'élan s'est évanoui transformé m'a étreinte m'a serrée m'a contrainte m'a blessée m'a étouffée m'a allongée
Anéantie

















Un jour
J'ai cousu ma bouche.

25/11/2014

*Ignorer*
































Je ne sais pas pourquoi ce bijou s'appelle Nénuphar
Ni pourquoi je le trouve beau
Encore moins pourquoi j'ai immédiatement eu envie de le dessiner en le voyant

Je ne sais pas pourquoi je lui ai dit, oui je sens que ça va mieux
Avec le sourire
Petit
Qui s'étire
Ni pourquoi le soir même le malaise
Encore moins pourquoi toujours les vagues
Qui reviennent



































Je ne sais pas pourquoi souvent je n'ai pas envie de raconter
Ni pourquoi je dis de moins en moins
Encore moins pourquoi si je décide d'essayer, je ressens aussitôt la sensation de patauger


Je ne sais pas pourquoi je comprends peu à peu que tout se passe entre parenthèses






















Je ne sais pas pourquoi cette petite phrase tourne dans ma tête depuis plus d'une semaine :
"J'ai décidé de m'enfuir en vélo, et c'est en prenant la petite rue sur la droite que j'ai perdu les pédales."
Il faut que je trouve un petit texte pour la placer.
J'aime bien tout ce qu'elle permet d'imaginer.

Je ne sais pas pourquoi Yeah Yeah Girl a décidé d'organiser un petit concours sur son blog, mais je sais que vous pouvez gagner un calendrier Marque-page, un calendrier Accordéon et un coloriage de l'Avent si vous allez jouer.
Je sais aussi qu'Emilie Yeah Yeah est une fille adorable et que... Non. Rien. Je lui dirai à l'oreille.


18/11/2014

*S'exposer*














Depuis quelques mois, Julie et moi entretenons une correspondance.
Julie va exposer nos lettres les samedi 29 et dimanche 30 novembre dans son atelier.
L'occasion aussi de faire une petite vente de dessins, de calendriers, de petites cartes, de céramiques, de sourires aussi...

13/11/2014

*S'ensoleiller*





























"Il y a un peu de soleil. J'aurais bien lu un bout de soleil vu par vous !"
Sourire.
C'est tentant il me tente il m'incite il m'invite à écrire.
Je descends plus vite le boulevard. Tic tic tic tic tic, je lui réponds, tic tic tic tic tic, mes talons, tic tic tic tic, oui, je cours vous écrire.
Je pense, sous le soleil exactement, d'abord. Je pense, non, le soleil n'est pas exactement au-dessus de moi, là. Il décline déjà. Tic tic tic tic tic, je ne serai pas à temps à mon bureau. Tic tic tic tic, il doit m'inspirer maintenant le soleil car, quand je serai arrivée, je le sais, il n'y sera plus.
Et.
J'y suis. A mon bureau. J'y suis et il a tourné. Il s'est caché, je le savais, derrière l'immeuble, le soleil. Il éclaire à peine encore les plus hautes feuilles de mon petit saule. Alors. Ecrire sur le soleil quand il ne me caresse plus la nuque quand il ne me chauffe plus les chevilles quand il n'éclaire plus le mur quand il ne rayonne plus dans mon dos, ce serait l'improviser. Improviser le soleil pour vous.
Non.
Il sentirait la pacotille.
Il reste, sur mon balcon, l'ombre et le vent qui malmène les roses fanées.
Je sens que ça tourne, là, mon écriture, que ça tourne à la mélancolie toujours.
Je me souviens que, dans le bus, tout à l'heure, le soleil éclairait mon visage et que j'ai dû fermer les yeux. Je crois que j'ai dormi un peu. Il me veillait. Il était sur le trottoir aussi quand je suis sortie de la galerie et que j'ai trouvé mes chaussures ridicules.
Je me demande pourquoi toujours cette sensation de ridicule.
J'ai à peine écrit sur le soleil et voilà que la nuit tombe.
J'ai à peine écrit sur le soleil, la nuit tombe et je sens qu'elle m'invite elle aussi.

Je vais changer de chaussures.
Et.

J'enjamberai la Seine d'abord
J'envisagerai un virage ensuite
Et quand la rue sera sombre
Mon sourire et moi
Nous frôlerons l'anthracite



06/11/2014

*Livrer*


























J'ai acheté deux livres en passant. Le premier commence par cette phrase : " Ce que je fais ici, c'est rester sur cette tombe, B5 touchée coulée." Je venais de traverser le cimetière, ça tombait bien. Je venais de traverser le cimetière encore. Je venais de traverser avec plaisir le cimetière encore, le cimetière éclairé par le soleil d'automne. Les pieds dans les feuilles mortes. La tête au creux des tombes. Les chrysanthèmes. Le doré des lichens. La pierre. Le silence. L'abandon.
Le deuxième livre commence par cette phrase : "Ça compte malgré tout, même si cela s'est passé alors qu'il était inconscient." Pas de coïncidence pour celui-là. Ou alors, oui, ça compte malgré tout. Malgré tout, oui, ça compte de plus en plus.
J'ai continué à marcher, je déambule toujours un peu avant de rentrer. Lou Doillon prenait un verre en terrasse avec deux hommes. Elle avait une queue de cheval. Je marchais seule. Je n'avais pas attaché mes cheveux.
En arrivant, un petit livre m'attendait dans ma boîte aux lettres. Il commence par cette phrase : "On imagine toujours que le poète est un être pacifique doux et un peu simplet.../..." (Je triche car il n'y a pas de point et ça continue sans point sur toute la longueur du texte.) J'ai aimé recevoir ce livre. J'ai inévitablement pensé à celui que j'aurais dû recevoir un jour et que je n'ai jamais reçu. J'ai aimé découvrir ce tout petit livre dans l'enveloppe. J'ai aimé lire les premières pages. Je vais le terminer ce soir.
Après j'ai coupé des légumes dans la poêle et je me suis encore demandé ce que j'allais devenir.

Publicité :
Un coloriage de l'Avent est disponible dans le magasin.

Et puis,  je me demande si Mirabelle va trouver de quels livres il s'agit dans cette petite histoire...
Et puis, merci pour vos mots gentils, je regrette de ne pas ou plus avoir vos mails pour vous répondre.


03/11/2014

*Jeter*






















































Alors j'ai ouvert la fenêtre. Une bourrasque s'est engouffrée dans la pièce. Mes papiers se sont envolés, j'étais tout ébouriffée.
J'ai ressenti l'invitation.
De mon placard, j'ai tout sorti. J'ai balancé dans le ciel la robe grise la robe noire la jupe taupe les collants verts le pull kaki le gilet rose la chemise blanche les bas zibeline le manteau bleu la veste grise l'écharpe beige le sweat d'hiver les ballerines jaunes la marinière le caraco la robe fourreau le jean usé le corsage offert les culottes les nuisettes le chandail en mohair le pantalon ivoire les chaussettes rayées le foulard en soie le sac les bretelles...
J'ai envoyé balader les manuscrits les lamentations les carnets noirs les bouts de rien les souvenirs usés les bocaux vides les bocaux pleins les chaises écaillées un vieux tableau le tuyau d'arrosage les patins à roulettes les draps fleuris les draps unis les oreillers percés les édredons éventrées les plumes les couettes les couleurs délavées les livres cornés...
J'ai empoigné les assiettes, elles ont volé, j'ai jeté jeté balancé les vieilles rengaines crié par la fenêtre ouverte et j'ai regardé mes guenilles mes vieilleries mes valises se dandiner dans l'air s'accrocher aux branches aux nuages s'écraser sur le trottoir...
Me voilà nue et muette debout sur le parquet.
J'attends le renouveau.  Je voudrais qu'il soit léger.

24/10/2014

*Compter*




















Il y a eu celle-là.
Il y en a eu une autre aussi. Les mails n'existaient pas encore. Mon papier à lettres était bleu.

En juin dernier
Je lui rendais visite
Et
Surprise
Je ne m'y attendais pas du tout
Je n'aurais pas pu imaginer
Je la connaissais à peine
Elle m'a proposé
C'est presque incroyable
Une correspondance.
Bonheur.

Elle a envoyé la première lettre
Je poste aujourd'hui ma huitième
J'en ai neuf d'elle
C'est presque un secret.
J'espère que nous nous écrirons longtemps.

J'ai dû lui poster deux cartes postales aussi
Il y a aujourd'hui sept roses blanches épanouies et graciles à mon rosier
J'ai quatre chatons tout ronds sur mon canapé
Je viens de boire un mauvais café
J'ai reçu un virtuel baiser à 7h08
Je dessine vingt-quatre dessins minuscules
Trois abonnés de plus et j'atteindrai un chiffre rond
J'ai écouté cinq fois de suite la même chanson
Je ne sais pas comment chiffrer le silence
J'ai lu deux livres en quatre jours alors que je ne lisais plus
J'ai trois lieux pour écrire
J'attends une réponse
J'ai épluché neuf pommes
J'habite au cinquième
Ils partent quatre jours
Ceci est mon cinq cent vingt-sixième papillonnage
Je ne sais pas vraiment jusqu'à combien je peux tenir




19/10/2014

*S'endimancher*


















Je reçois : "Dimanche solaire. Rouge et doré. Pensées."
J'envoie : "Dimanche silence. Dimanche lecture. Dimanche lenteur. Dimanche cogitation. Dimanche chatons. Dimanche sourire. Dimanche poulet rôti. Dimanche rose blanche. Dimanche écriture. Dimanche lessive. Dimanche jupe parachute. Dimanche allô. Dimanche vélo. Dimanche tango. Dimanche chaussures dorées. Dimanche cavalier. Dimanche on danse. Dimanche ça tourne. Dimanche ça virevolte. Dimanche un verre. Dimanche à bientôt. Dimanche marcher un peu. Dimanche attraper le bus. Dimanche bercée. Dimanche qu'est-ce qui m'arrive. Dimanche une envie. Dimanche non. Dimanche si. Dimanche oreillette. Dimanche le message du 11. Dimanche pourquoi maintenant. Dimanche play. Dimanche fermer les yeux. Dimanche pincement. Dimanche spleen. Dimanche. Dimanche. Pensées."



16/10/2014

*Garder*
































Je garde des moustaches de chats dans une boîte à fleurs
Je garde mes dents de lait
Je garde un oeil sur eux
Je garde des paquets de lettres d'amour, je ne sais plus toujours qui me les a écrites
Je garde des petits bouts de pas grand-chose (des miettes, dirait Julie)
Je garde une cicatrice que vous ne pouvez pas voir
Je garde quatorze bocaux remplis avec des choses de toutes sortes récupérées sur plusieurs années dans les poches d'un de mes fils
Je garde espoir (mensonge)
Je garde un message depuis le 11 octobre 2013 dans mon téléphone, je n'ai ni le courage de l'effacer, ni de le réécouter
Je garde tous les tickets de mes sorties depuis que je vis à Paris
Je garde de nombreux secrets heureux
Je garde un petit caillou spécial
Je garde les yeux fermés pendant les scènes violentes des films
Je garde de nombreux secrets douloureux
Je garde une plume
Je garde le numéro de téléphone de personnes que je n'appellerai plus
Je garde les cheveux longs
Je garde beaucoup de choses pour moi

Je ne sais pas vraiment pourquoi j'ai commencé cette liste, je n'aime plus les listes. Je pourrais continuer celle-là longtemps, je garde de moins en moins mais toujours beaucoup trop. Je crois que je ne savais pas trop quoi écrire mais que j'avais juste envie d'écrire une chose que je gardais au chaud.

J'ajoute que, depuis dimanche, je garde près de mon lit un méli-mélo d'amour : les quatre chatons de Maïa que j'embrasse des dizaines de fois par jour.


09/10/2014

*S'enjuper*




















Quand je suis entrée dans son bureau, j'ai regretté d'avoir choisi cette jupe. Mes talons ont fait beaucoup de bruit sur le vieux parquet, j'ai fini par marcher sur la pointe des pieds.
Il m'a apporté un café dans un gobelet en plastique blanc.
Et il a tout déballé.
Et puis j'ai tout déballé.

Quand je suis ressortie dans la rue et que le vent doux faisait voler ma jupe, je n'ai plus regretté.
Quand j'ai pris un vélo et qu'elle dévoilait mes collants à plumetis en faisant des vagues, je me suis dit, j'ai bien choisi.
Et quand, en montant les marches en bois du parvis, elle s'est gonflée comme un petit parachute, alors là j'étais comblée.

Une jupe, un peu de vent et j'oublie....

*

Et puis ce matin une sensation, et puis sous la douche une phrase qui en découle : je crois que je préfère l'étiolement à la coupe franche.
Peut-être quand cela m'arrange.

Les calendriers 2015 sont dans le magasin !


04/10/2014

*Amainer*


































Ajouter encore : Les mains lavent, les mains enveloppent, les mains rassurent, les mains s'opposent, les mains poussent, les mains sèment, les mains s'aiment.... Les mains. Les petites mains. Les grandes mains. Toutes les mains.


30/09/2014

*Laler*
















Un baiser, là, un baiser, là, un baiser, là
Lalalalala
Pédaler vite, là, sous les arcades, là, tourner à droite, là
Lalalalala
Un café, là, une petite table au soleil, là, Chez Céleste, là
Lalalalala
Un port de bras, là, une pirouette, là, un arabesque, là
Lalalalala
Dessiner des petites vagues, là, écrire une longue lettre, là, photographier, là
Lalalalala
S'inspirer d'Apollinaire, là, d'un fantôme, là, de ce reflet, là
Lalalalala
Trois petits dalhias ronds, là, une jolie chanson, là, le ventre de Maïa, là
Lalalalala
Se dandiner, là, croquer, là, respirer, là

Aujourd'hui était un jour lalalalalalalalala...........
Léger, volatile, et éphémère.



26/09/2014

*Varier*





















Quand j'écris "il y a", je pense à mon oncle.
Un jour, j'étais petite, il m'avait dit que son professeur de français leur avait enseigné d'éviter d'utiliser "il y a" dans un texte.
Je me suis demandé pourquoi. J'ai réfléchi. J'ai pensé à un exemple.

Il y a des fleurs devant la maison.
Des fleurs ornent le devant de la maison.

J'y pense souvent quand j'écris. Je pense à mon exemple. Je pense à mon oncle.
Mais cela ne m'empêche pas toujours d'utiliser "il y a".

Il y a le Père Lachaise dans mon dos et le retour qui s'amorce.
Il y a la rue de la Folie Méricourt et mon sourire qui s'étire.
Il y a dans ma bouche le reste d'une saveur délicieuse.
Il y a le soleil qui éclaire un trottoir sur deux et mes pas qui choisissent la lumière.
Il y a ce matelas abandonné et la photo qui s'impose.
Il y a cette façon évidente que j'ai de faire stagner les choses. Longtemps.
Il y a donc la sensation évidente qui s'ensuit de ne pas avancer. Depuis longtemps.
Il y a ce monsieur recroquevillé et endormi en plein après-midi sur ce pont que j'aime tant traverser.
Il y a ce jeune homme qui brutalise son chien et que tout le monde regarde, interloqué.
Il y a toute cette violence, partout, et le malaise qui me prend à la gorge.

Le Père Lachaise dans le dos, je descends la rue de la Folie Méricourt en souriant. Il me reste dans la bouche un goût que je voudrais pouvoir prolonger. Je choisis le trottoir ensoleillé, j'aime sentir le soleil me chauffer la nuque. Je sors mon téléphone pour prendre la photo de ce matelas abandonné.
C'est parce que je déambule que je pense à ma grande aptitude à l'inertie et à cette sensation troublante de ne jamais avancer vraiment.
La misère et la violence cohabitent chaque jour un peu plus et le malaise me prend à la gorge.


Inspiration dessin.
(Et puis, la boutique va fermer quelques jours pour travaux.)


18/09/2014

*Taqueter*






















Ça a commencé par les pliés
Toujours
Puis tout s'est enchainé à la vitesse d'un courant d'air grisant
Taqueté sissonne changement de pieds soubresaut assemblé glissade pas de bourré saut de chat pirouette grand jeté en avant préparation grand jeté en arrière tour piquet déboulé coupé-ballonnet attitude développé arabesque fondu port de bras tra la la je n'ai plus réfléchi j'ai dansé et je le répète assez, danser rend vivant, danser en écartant les bras comme une danseuse de l'Opéra allège, c'est épatant.

Puis
Rincée
Je me suis assise à la terrasse du petit restaurant à la devanture jaune. De l'autre côté de la rue, l'autre vitrine me renvoyait mon lointain reflet. Il y avait dans le noir de la vitre, du jaune et du vert et du blanc, et dans mon bol un gaspacho rouge et frais comme un pansement.


15/09/2014

*S'arrondir*
























Je pose ma main
Je sonde
Je mesure la courbe
Je tente de ressentir un mouvement
Je déplace ma main
J'appuie plus fermement
C'est doux c'est chaud
Je m'émerveille déjà
Tous les matins tous les soirs
Je pose ma main
Je caresse
J'observe le ventre qui s'arrondit

Enigme :
Il y a dans ma maison un ventre tout rond.
Mais ce n'est pas le mien.


12/09/2014

*Percevoir*
























Je repousse le moment d'écrire ici. Tous mes débuts sont monotones. Je repousse le moment d'écrire. J'ai quelques convictions qui ne sont pas bonnes à dire. Je repousse le moment d'écrire. Ici. Je n'ai envie que d'indicible.

J'ai voulu faire *Substituer*. L'idée m'était venue en changeant un mot de passe.
Je voudrais que tu le devines. Je le tape tous les jours sur le clavier, rien de tel pour remuer le couteau. Dans mes pensées.

Puis j'ai voulu faire *Percevoir*.
Je me demandais ce qu'il était possible de percevoir derrière l'enveloppe.
Car nous sommes des enveloppes en quelque sorte.
Peut-on percevoir le désarroi derrière un éclat de rire ?
Peut-on percevoir la gaieté derrière un visage monotone ?
Peut-on percevoir la faille derrière la cravate ?
Peut-on percevoir la nausée derrière la robe à volants ?
Peut-on percevoir la violence derrière la blondeur de cette fille ?
Peut-on percevoir la sagesse derrière le tablier du jardinier ? Ou au contraire sa mesquinerie ?
Peut-on percevoir le bonheur derrière les chaussures trouées ?
Peut-on percevoir l'amour derrière les larmes ?
Peut-on percevoir la joie derrière cette course effrénée ? Ou l'abandon ?
Peut-on percevoir l'assurance derrière cette blouse démodée ?
Peut-on percevoir la manipulation derrière ce bijou désuet ?
Peut-on percevoir le malaise derrière la simplicité d'un col en V ?
Peut-on percevoir l'envie derrière l'écharpe nouée ?
Peut-on percevoir la jalousie derrière le vernis orangé ?
Peut-on percevoir le plaisir derrière un dos vouté ?

La petite table ronde est vert canard. C'est joli. Les deux tasses à café sont noires. Et dessous, c'est le gris du large trottoir. Nos pieds. La photo serait parfaite.
Je parle doucement j'essaie de comprendre je fatalise toujours un peu. Il m'écoute. Et il y a son sourire. Et il y a les petits carreaux de sa chemise. Et il y a ses mains qui déchirent calmement le papier du sucre. Et il y a sa voix posée qui me répond. Et il y a son regard à ce moment-là. Et il y a ce que je tente de percevoir derrière tout ça.

Et puis hier, je réécoute le discours de remerciement de Xavier Dolan, à Cannes.
Et puis la façon dont il s'adresse à Jane Campion.
Et puis ça : "Je pense que tout est possible à qui rêve travaille ose et n'abandonne jamais."
Et puis mes larmes. Evidemment.
Que disent-elles ?
Peut-on essayer de percevoir soi-même ce que nous cachons ?

Je pense souvent à vous. Bonjour.


06/09/2014

*Anectoter*


Je les pose sur mon nez.
Je le regarde et lui demande :
- Alors ?
- Ça fait bizarre. On dirait un papillon.
- ...

Il arrive donc parfois que la réalité rejoigne la fiction, ou que l'auteur devienne son propre personnage.

*

Je redescends le boulevard et j'ouvre le livre que je viens de recevoir. Je commence à le lire en marchant.
La première phrase est une citation, celle-ci :
"Le bonheur ne produit pas d'histoires."
J'acquiesce intérieurement. Puis je réfléchis.
Je ressens l'envie d'écrire.

*

Pour Ingrid et Florence :
- Attacher la ceinture verte sur la robe noire.
- Enfiler les chaussures dorées à talons hauts.
- Marcher dans la nuit avec le pas dansant.

Je suis passée sous un lustre à pampilles dans un petit hall où pourrait se jouer la première scène d'un film. Je l'ai photographié. J'ai emprunté un petit passage étroit et long que je connaissais pas. Un chat persan aux poils légers m'a suivie. Comme moi, il se sentait bien dans cette nuit douce au parfum de verdure. J'ai pensé à l'Alice de Lewis.
Je me suis assise dans un petit bar à la lumière jaune. J'ai beaucoup ri. Oui.
Voilà. Comme promis, je vous épargne aujourd'hui les idées grises.



02/09/2014

*Tournoyer*
























Je n'arrive pas à dormir et.
Je n'arrive pas à dormir et je me dis que je pourrais peut-être écrire. Un truc.
Je n'arrive pas à dormir et.
Je n'arrive pas à dormir et je me dis je ne vois pas ce que je pourrais raconter.
Je n'arrive pas à dormir et. Je n'arrive pas à dormir et.
Je n'ai pas recousu ce bouton.
Je n'arrive pas à dormir et. J'ouvre des fenêtres sur l'écran j'ouvre des fenêtres qui s'éclairent je sombre dans des images je lis des pages j'ouvre des fenêtres certaines mêmes qui ont pris la poussière. Les dangereuses fenêtres.
Je n'arrive pas à dormir et.
J'ai dû boire trop de café. J'ai repris le chemin des comptoirs et j'aime tourner ma cuillère dans la tasse.
Je n'arrive pas à dormir et. Je ne devrais pas mais. Je n'arrive pas à dormir et. J'ouvre le dossier noir celui où j'ai enregistré des traces.
Je n'arrive pas à dormir et. Je n'arrive pas à dormir et. Je crois que j'aime me faire un peu mal. Gratter la plaie soulever la croûte replonger dans l'amer.
Je n'arrive pas à dormir et.
Je n'arrive pas à dormir et. Je n'ai jamais su dompter mes pensées.
Je n'arrive pas à dormir et.
Je recoudrai le bouton demain.
Je n'arrive pas à dormir et. Je n'aurais pas dû. Je n'aurais pas dû relire tout ça.
Je n'arrive pas à dormir et. Je ferme tout, les dossiers les fenêtres les paupières.
Je n'arrive pas à dormir et. Je me rallonge et. Je me retourne et. Je me tourne encore et. Je tourne je tourne je voudrais noyer mes pensées tournoyer.
Je n'arrive pas à dormir et. Je. Et. Les draps. Je. Ma peau. Je. Je vais y arriver. Oui. M'endormir. Oui. La nuit est à son milieu. Je. Ma peau. Les draps. Mes pieds. Froids. Les draps. Ma peau. Ses pieds. Chauds.


27/08/2014

*Sourisser*


Les cartes postales de l'été, suite et fin.

Carte postale n°7 :

"Le matin, je pose une mûre ou un morceau de pain à l'entrée d'un petit trou dans l'herbe. Dans la journée, le petit repas disparaît. C'est la maison de la famille souris. J'aime bien observer leur manège en prenant mon petit déjeuner dans le jardin.
Un matin, la petite fille de mes amis me rejoint. Comme je sais qu'elle change souvent de lit la nuit, je lui demande si elle a bien dormi. Elle me répond : oui mais "cette maison, elle nous plaît pas trop à nous la nuit." Je souris et je lui dis :
- A toi, tu veux dire ?
- Oui !"

Carte postale n°8 :

"J'ai autant besoin de solitude qu'elle me fait peur.
Je voudrais décrocher complètement de toutes ces attaches virtuelles mais je ne le fais pas complètement.
Je me sens prête parfois à tenter des expériences pour le plaisir de les écrire ensuite. Si je ne les vis pas entièrement, je les ébauche au moins pour me donner le droit d'imaginer la suite, et de l'écrire.
Pendant mes vacances, je ressens souvent l'envie de rentrer."

Carte postale n°9 :

"Alors que je me décide à écrire quelques cartes postales, je m'aperçois que je n'en trouve aucune que j'ai envie d'acheter et d'envoyer. Je me résigne. J'en choisis quelques-unes. Je les envoie.
Le lendemain, je tombe sur une boîte d'anciennes cartes postales que je trouve très jolies. J'en achète dix. Je ne les envoie pas. Je regrette de ne pas en avoir acheté plus. C'est la fin des vacances. Je rentre."

*

Et comme aujourd'hui, je viens de recevoir une très jolie carte de Rotterdam, je vais en envoyer une dixième dès demain...

24/08/2014

*Poursuivre*































Pour ceux qui suivent, je poursuis l'histoire du papillon noir qui m'attendait sur le rideau blanc.

Maïa a attrapé le papillon
Maïa a blessé le papillon
Maïa s'est amusé avec le papillon blessé
Maïa a mangé le papillon
Maïa a mangé le papillon noir qui m'attendait sur le rideau blanc.
Le papillon n'a pas crié. Le papillon s'est laissé faire. Presque.
Les papillons ne crient pas
Les papillons ne disent rien
Les papillons se laissent manger
Les papillons.

*
Pour ceux qui suivent, encore, la suite des cartes postales :

Carte postale n°4 :

"Je ne fais pas toutes les photos que je vois. Je fais très peu de photos. Je vois toujours beaucoup de photos que je voudrais faire. Je pense toujours à beaucoup de choses que je voudrais écrire.
Le 10 août, je reçois ce message : "Je pars pour une quinzaine, sans Internet ou si peu, je vous embrasse... pour quinze jours." Cela me fait plaisir. Puis je me dis que je ne suis sûrement pas la seule à l'avoir reçu."

Carte postale n°5 :

"J'aime traverser les villages et regarder les maisons aux volets fermés. J'aime le silence de leur abandon. J'aime les couleurs délavées des volets. Les écailles de la peinture. Les crépis vieillis. Leur solitude. Les possibilités de l'imagination. J'aime penser à la pénombre des pièces. Au grincement des volets si on les ouvrait."

Carte postale n°6 :

"Je passe en voiture par la rue principale de la petite ville. Je vois un jeune garçon assis sur une chaise orange sur le trottoir étroit, devant une fenêtre ouverte. Il a un petit enfant sur les genoux. Je trouve cette image très belle. Je regrette la photo que je ne peux pas faire. Le lendemain, quand je repasse, la chaise orange est toujours là, devant la fenêtre. Je m'arrête plus loin et je reviens faire la photo. (Un homme apparaît à la fenêtre et me regarde. Je pars vite.) Le surlendemain, quand je repasse, la chaise orange est toujours sur le trottoir. Les volets sont fermés. Je m'arrête et je reviens faire la photo. Le jour suivant, la chaise orange a disparu. La fenêtre est ouverte. Je ne fais pas de photo."

La chaise orange est là.

*

Et puis, bonjour Tristesse, je savais que tu ne me lâcherais pas longtemps.



20/08/2014

*Revenir*






















Quand je suis entrée dans l'appartement
Un papillon m'attendait
Posé sur le rideau blanc.
Un papillon noir.
Un papillon noir, sur le rideau blanc.

*

Pendant mes vacances, je n'ai envoyé que neuf cartes postales. Avec des minuscules pensées, ou des minuscules histoires.
Je vais les renvoyer d'ici, par trois.

Carte postale n°1 :

"Pendant mes vacances, j'ai commencé trois livres. J'aime beaucoup le titre du troisième. Je n'en ai terminé aucun encore.
Quand je lis, j'ai envie d'écrire. Alors je m'arrête. Mais j'écris peu finalement. Ou pas.
Je manque de solitude peut-être. Mauvaise excuse sûrement.
Je me déçois."

Carte postale n°2 :

"Je marche seule dans la garrigue. J'emprunte des petits chemins. Je gravis des petites montagnes. Je m'enfonce dans la nature inconnue.
Je pense à Pauline Lafont. Je me demande qui se souvient encore de Pauline Lafont."

Carte postale n°3 :

"Un matin, je roule seule sur la petite route déserte en écoutant chanter ce garçon à la voix plaintive. Je cherche du pain. Je roule 15 km avant le premier dépôt sans croiser personne. J'imagine que je roule vers quelqu'un.
En rentrant, je m'allonge sur le muret en pierre. Je ferme les yeux. Les enfants courent autour de moi. Par moments, j'ouvre les paupières et je les observe. Je regarde leur corps jeune, leur beauté. Je pense à leur avenir. Et au mien. Je pense : je ne suis plus jeune, moi."

A suivre...


31/07/2014

*Partir*






















Juillet se termine, un jour je suis gaie le lendemain je suis triste
J'aime traverser Paris en pédalant et m'accorder des suites des élans des promenades infinies, la nuit, sur les trottoirs déserts
Il a été question de pampilles d'endroits particuliers de romans-photos de films en noir et blanc, de robe en tulle aussi de moquette chamarrée de petits pas dans les graviers
Juste de quoi se nourrir pour rêver ensuite les yeux fermés

J'ai aimé le vert des matins paisibles de juillet
J'ai aimé le doux de certains mots dans le silence
J'ai aimé le frais des draps et le bruissement des pages

C'est de saison
Je fais mon baluchon
Je ne vais pas à la mer
Je ne prends pas l'avion
Je n'ai pas de chapeau
Pas besoin d'épuisette
Juste deux maillots
Des robes un pull-over
Et puis trois livres
Un carnet
Le début de mes calendriers à avancer
Un petit mouchoir
De nombreuses questions
Et votre silence

Je sers le nœud bien fort.
A bientôt.

Pour vos commandes, il n'y aura pas d'expédition entre le 1er et le 20 août. Merci beaucoup.

25/07/2014

*Déambuler*


























Et si soudain la douceur des jours incitait au silence ?
L'été se promène nu pieds et je l'accompagne le rouge aux ongles et les pensées volatiles. Le carrelage est frais, le parquet endormi, les caillebotis brûlants, le gazon taquin, les galets résistent, le sable caresse, les draps épousent, la mer lave... Je regarde mes pieds et je ne dis plus rien. Les explications seraient confuses. C'est l'été. Je laisse planer mes sensations les yeux fermés.

J'essaie je commence je recommence j'hésite je doute j'abandonne.
J'écris je rature je recopie j'efface j'annule.
Mes projets ne s'ancrent pas. Comme moi, ils déambulent.





20/07/2014

*Instantaner*



























La petite voiture s'éloigne sur la contre-allée pavée
Immobile, elle la regarde s'éloigner
Elle a un petit sac à la main, elle fait un signe de l'autre
Le soleil l'éblouit
Le bas de sa robe rouge se soulève légèrement
Une mèche de cheveux s'envole

J'aurais bien aimé faire la photo. Vous raconter peut-être la scène précédente aussi. Puis la suivante. Ecrire un roman photo. Le roman photo de l'été.

11/07/2014

*Déverser*

































Lundi j'ai écrit à Julie et je lui ai dit, Julie, tu sais, je ne sais plus comment je lui ai dit, mais j'ai dit, tu sais, Julie, souvent, les mots m'inspirent. Et déjà, lundi, je pensais déluge. Déluge. J'avais envie d'écrire déluge. J'ai envie d'écrire déluge. Hier, j'ai écrit déluge aussi. Je pense déluge. Je ressens déluge.
Il y a la pluie bien sûr. Mais pas seulement. Ce n'est pas la pluie qui m'a fait penser déluge, mais maintenant la pluie l'accompagne. La pluie est en accord avec ce mot qui se promène en moi.
Je pense déluge. Je pense un déluge. Je sens un doux déluge. Quelque chose qui surprend qui coule qui dévale qui caresse qui emplit qui inonde qui renverse qui se déverse qui malmène qui enveloppe qui parcourt. Partout.
Je pense un déluge.
Un déluge pour toi, chante Christian Belin. C'est beau, un déluge pour toi.

J'ai envie de disserter déluge. J'ai envie de danser déluge. J'ai envie de déluge.
Mais je vous l'épargne.


09/07/2014

*Pinsonner*

































Il pleut il pleut encore mais peu importe
Il pleut j'enfile une robe et je danse dans la cuisine je danse pieds nus sur le parquet je danse dans mes chaussures dorées
Il pleut il pleut oui mais tant pis je sors avec mon parapluie j'enjambe les flaques je sautille pour aller plus vite je te prends par le bras je t'embrasse je te souris
Il pleut il pleut encore il pleut toujours c'est bien aussi les cheveux qui dégoulinent les tissus qui se couvrent de pois anthracites l'asphalte et les pavés qui luisent
Il pleut il pleut il pleut je cours plus vite j'arrive à l'heure dans la salle aux dorures et aux fauteuils
Il pleut le jour il pleut la nuit les bars sont pleins la piste aussi
Il pleut dehors je danse encore
Il pleut je bois un peu
Il pleut toujours j'écris aussi
Il pleut longtemps j'écris ailleurs, différemment
Il pleut je lis sur mon lit
Il pleut je cuisine
Il pleut je dessine
Il pleut je câline
Il pleut je bricole
Il pleut je paresse
Il pleut je petits mots
Il pleut je Grand Palais
Il pleut c'est un peu monotone mais je ne suis même pas triste
Il pleut j'ai du avaler un pinson et c'est bon

06/07/2014

*S'exhaler*
































Il y a comme un petit air d'abandon. C'est parce que les mains frôlent la soie et que la soie est légère et que le souffle du vent dans l'escalier de pierre.
Il y a comme un charmant dédale. C'est parce qu'après Le square, je me perds dans un jardin minuscule puis dans un plus grand où se côtoient le marbre et les pampilles et où je voudrais m'endormir.
Il y a comme un sentiment de légèreté. C'est parce que les jambes nues et cette danse que je ne retiens plus enfin.
Il y a comme quelque chose d'éclatant. C'est parce que le rire les regards le liseron rose qui enlace.
Il y a comme une émotion nouvelle. C'est parce que Palermo Palermo, un mur qui s'écroule et l'instant qui se prolonge s'invente et se répète.

Mais je ne suis pas très loin.

Le silence s'exhale et le plaisir aussi. La nuit me rassure. L'été s'épanouit.


26/06/2014

*Découdre*































Tout est décousu
Un peu ici, un peu là et l'essentiel nulle part
Je n'écris plus vraiment

Je profite du léger de mes robes, des pas de danse dans les nuits d'été, des rhums arrangés, des baisers, de mes songes, de cet auteur que je découvre, du bord de l'eau, des courants d'air, des mais oui Princesse, de la dentelle, de cette pause sur une chaise verte, des arrosoirs dans le soir, de la pastèque, de la longueur de mes bras, de la douceur de nos draps, du crissement des graviers, de l'ombre dansante, de l'abondance des plantes, de cette longue descente, du scintillement de la poussière, de la lumière jaune des réverbères...

Je voudrais énumérer encore tout au long de votre nuit des mots sortis de mes pensées
Des mots chuchotés, allongée, la fenêtre entrouverte et le rideau qui se soulève

Laisser reposer un peu peut-être

J'ai mis des petits lots avec des badges et des cartes dans le magasin...

22/06/2014

*Contenir*





























La nuit tombe et les galeries autour du jardin du Palais royal sont désertées. L'espace s'offre. Nous avançons. Le grand espace, la galerie immense et longue s'offre m'invite m'attire m'aspire me traverse. Je lui dis.  Je lui dis j'ai envie de m'élancer. Comme ça. Je tends le bras devant moi. J'ai envie de courir et de danser et de sauter comme une danseuse à l'Opéra. Comme une danseuse et faire n'importe quoi. Comme ça. Je lui dis mais je ne le fais pas. Et j'aime le bruit de nos pas sur les grandes pierres anciennes. J'ai mis mes ballerines et je pense à Jean Seberg.
Il me pousse. Elance-toi danse je te regarde. Il me pousse il m'incite allez il m'encourage. Mais je ne le fais pas.
Je sens combien je me retiens. Je sens combien j'étouffe mon désir.
Alors c'est lui qui s'élance et qui danse et nous rions beaucoup.

Puis arrive le moment de la place de Valois.
Je crois que j'aimerai toujours les nuits d'été et leurs possibilités.


19/06/2014

*Rêver*




























J'ai emprisonné un tout petit secret
J'ai dessiné un tout petit dessin
J'ai glissé une toute petite photo
Un minuscule coquillage
Et deux ou trois petits riens encore

Ce sont des secrets pour rêver à l'heure de la sieste...
Juste quelques pochettes.

Il n'y en a plus !

17/06/2014

*Pampiller*































Pendant que je n'écris plus, le parquet de l'hôtel particulier grince sous mes pas. Je suis seule dans le musée, j'avance seule dans la pénombre, je vais jusqu'à éviter la clarté. Je me délecte de cette solitude silencieuse. Je me délecte des pampilles. Je me délecte de ma mélancolie, en même temps qu'elle me pourrit les yeux.
Pendant que je n'écris plus, je piétine ma tristesse à petits pas très doux, je muselle mes doutes de tes doigts emmêlés, et j'enfile des éclats, des éclats de rire légers.
Pendant que je n'écris plus, il arrive qu'on m'enlève et que j'emmagasine de quoi écrire pour les années à venir, si je me remets à écrire.
Pendant que je n'écris plus, je lui dis, j'ai toujours le même ton je voudrais changer de chanson je m'accroche au même souvenir il me faut des années, vous voyez, des années pour ne plus y penser. Je vois très bien, il dit, ça me rappelle cette histoire de grain de beauté, je vais vous la raconter.
Pendant que je n'écris plus, je trébuche encore, encore et encore, encore et encore tellement, sur le même trottoir, la même aspérité, toujours, qui n'en finit pas de grossir, insidieuse.
Pendant que je n'écris plus, il s'ébauche aussi des prémices de toutes sortes qui me ravissent. Il faut dire que les prémices, c'est toujours ravissant.




11/06/2014

*Margeller*




























Il parle de margelle et je pense à cette petite comptine que me disait ma grand-mère et que j'ai tant répétée. Cette petite comptine où il est question d'une tartine et qui commençait par "Minette minette, d'où viens-tu ?....."
Cette petite comptine qu'il fallait dire en caressant le creux de la main. Cette petite comptine.

Il parle de margelle et de puits et d'amour perdu. Au fond.

Je pense à la tonnelle, j'imagine une glycine. L'ombre parfumée.
C'est là qu'elle écrit une lettre, une longue lettre. Une lettre qui raconte la solitude et le silence et le doute et l'incompréhension et l'inquiétude et l'amertume et le soulagement.  Elle écrit. Elle écrit car elle a décidé de poster, de se délier de l'immobilité, de dire, de creuser, de relier. Elle a cherché elle a supposé elle a trouvé elle a extrapolé, elle sait où envoyer comment rejoindre, traverser. Oui, elle sait, elle est déterminée.
Et puis la lettre, les longues pages noircies, la petite écriture qui remplit tout, qui ne s'arrête plus qui ne doute pas qui dit qui avoue qui interroge. C'est soudain comme un roman. Un petit roman.
Et puis elle plie en deux glisse dans l'enveloppe colle enferme protège cachette l'histoire les mots la lettre le baiser. Le baiser de la dernière ligne. Très droite.
Sur la margelle du puits pose la lettre et court chercher l'adresse.
Il ne reste que le silence de l'ombre sous la tonnelle.
Et puis revient et c'est le courant d'air.
La lettre.
Légère.
Tressaille à peine et, frôlant dans un bruit sec la pierre la margelle le lichen, se suspend un instant dans le parfum avant de tomber.
Le puits.
Tourbillons. Lents. Elle volette. Danse. S'enfonce dans le sombre, blanche. S'enfonce encore. Encore encore encore. Disparaît dans le profond.
Elle. Celle qui revient avec l'adresse. Elle. S'arrête brusquement défaille. Impuissante face au tressaillement de l'enveloppe. A la merci du souffle du vent. Tremble. Ne respire plus un instant. Ne respire plus. Encaisse. Suffoque presque. S'enfonce dans le sombre elle qui juste se redressait. Replonge. Soudain si pâle. Blanche.

Et par ici, des couleurs du Rififi...


06/06/2014

*Fonduenchaîner*































Pendant que je n'écris plus, je me fais mon cinéma.
J'alterne entre la Nouvelle-vague et Hollywood, je cours pieds nus j'enfile une robe fourreau, je dis qu'est-ce que j'peux faire, je dis prenons par là.
Puis vient la musique, et tout le tralala...

Et pendant que je n'écris plus, les capucines fleurissent aussi.


01/06/2014

*S'apaiser*

















Et s'il suffisait de s'acheter de la lingerie à bretelles dorées, des salomés vertes et une robe en soie ?
Et s'il suffisait de laisser chacun croire et penser et médire et ignorer à sa guise sans y penser sans y croire sans médire puisque vraiment je ne vois pas ?
Et s'il suffisait de relire ce mail-là, de sourire et d'ignorer désormais les détails ?
Et s'il suffisait de vous écrire les jours où il fait gris ?
Et s'il suffisait aussi de ne plus écrire et de s'en tenir aux fleurettes ?
Et s'il suffisait de faire confiance à cette rencontre-là, à ce projet-là et à celui-là aussi ?
Et s'il suffisait de s'abandonner à l'évidence et de voir si le reste suit ?

Puis s'accouder au zing encore dès lundi matin et enchaîner les rituels qui font du bien.

Et parce que le soleil me chauffe les jambes et que le petit manteau jaune rend mon pas léger même à l'endroit où avant je devenais triste à cause du souvenir, parce que oui, parce qu'il m'a suffi de faire tout ça en trois jours que ça ne me suffira pas longtemps mais parce que quand même, oui, je ressens l'apaisement.
Et le vert du printemps.
Et la douceur des joues et des soirs.
Et plus que ça même.


Et s'il suffisait d'aller rendre visite aux Arpettes samedi 7 et dimanche 8 juin ? Moi, j'y vais !

28/05/2014

*S'écrire*

































Il faisait si gris aujourd'hui, j'avais envie de vous écrire.
(Ceci est la suite d'un mot et d'une image laissés sur Facebook.)

26/05/2014

*Raconter*



























Je suis assise à une table à côté de mon ami peintre. En face de nous, d'autres artistes, comme lui. Des squats artistiques.
La salle est pleine. Je me souviens de la lumière et d'une petite phrase que je tais par pudeur.
Elle s'approche de la table par ma gauche et je suis émerveillée. Elle est blonde elle est claire sa bouche est d'un rouge vif et sourire elle rayonne. Son ventre rayonne. Son ventre très rond et tendu pointe avec douceur sous son chemisier transparent blanc qui s'ouvre et qui dévoile à peine son nombril. Sa peau. Lumineuse. Je la trouve magnifique. Ce doit être la première fois qu'une femme enceinte m'émerveille instantanément à ce point.   

Héléna Villovitch. J'aime bien dire son nom. Et quand je le vois écrit quelque part je pense invariablement à son ventre, à son chemisier ouvert, puis au prénom du bébé, et à la bande de garçons et de filles que j'associe à elle. Elle organise avec eux des soirées un peu expérimentales au Moloko et j'y suis ce soir-là parce que lui parce que lui aussi parce que j'erre la nuit parce que je me promène déjà. Ce sont les nuits de mes vingt ans.

Des années plus tard je me suis rendue à un vernissage dans l'espoir de recroiser ce passé-là. Sur le boulevard Bonne Nouvelle, j'avançais précédée par mon ventre rond moulé dans une robe moirée que j'avais enfilée par-dessus mon jean. Seule, toujours un peu seule, je déambulais dans l'exposition où les gens se tenaient en grappe agrippés à leurs mots à leur verre à leurs oeuvres à leur solitude. J'ai aperçu Héléna. Sans son ventre sans le rayonnement. Je n'ai pas retrouvé ceux que j'avais perdus, encore moins ce que j'avais perdu. Je suis restée seule avec mon ventre, et je suis repartie par le boulevard à pas longs et silencieux.

Juste après j'ai acheté tous les romans d'Héléna. Je les ai lus sur une plage lointaine les pieds dans la douceur le ventre rond caressé par la chaleur de l'ombre.
Dans ses mots, j'ai retrouvé ces années-là. 

Voilà le souvenir, Mirabelle. Et voilà pourquoi j'ai pris ce dernier roman d'elle qui s'est présenté à moi sans que je le cherche, bradé à un euro, dans les rayons de BO.
Je ne l'ai pas encore lu.
Il est peut-être temps d'arrêter de replonger.



23/05/2014

*Tabler*


Je suis dans mon lit. Celui-là.
Il est tard. Il m'appelle. Je ne me souviens pas depuis combien de temps je le connais à ce moment-là. 
Il me demande de lui lire quelque chose. Je lui lis un texte de mon cahier.
Il me demande de le rejoindre au Select. Avec mon cahier.
Je me rhabille. J'enfile un pantalon noir. Un pull noir au col en V. Mon manteau noir. Tout en noir je descends les six étages. Je sens comme un souffle qui me pousse dans la nuit. Les pans de mon manteau s'ouvrent je marche je m'élance je traverse la rue le large trottoir le boulevard. Il n'y a plus de métro. Je monte dans le premier taxi. Je demande le Celtique, boulevard du Montparnasse. Le chauffeur me dit qu'il ne connaît pas. Moi non plus. Je ne dis rien. Nous verrons bien.
Boulevard du Montparnasse nous passons devant le Select. Je lui dis, ha... c'est là.
Il m'attend au fond à gauche assis à une table dans la lumière jaune. Il est tout en noir lui aussi. Le café est presque vide.
Je m'assois en face de lui. Je pose mon cahier devant moi.

*

"Tu es, je crois, un peu d'une autre époque, toi. A la fois un peu d'avant, et du futur. Je pense soudainement à la tapisserie fleurie qui ornait ma chambre d'enfant et que j'avais choisie. Je pense aussi que tu es un retour aux sources. Subtile." Laure. Merci beaucoup. Il me touche beaucoup ce petit mot laissé sur Facebook.


**

Il y a quelques semaines, je suis allée l'écouter lire un extrait de son nouveau roman en cours d'écriture.
Demain je le retrouve dans un autre café. Tant d'années sont passées. Je poserai devant lui mon carnet.




19/05/2014

*Détailler*


























J'aurais pu refaire Entendre
Continuer la liste l'allonger l'enrichir
Puisque vous êtes venus me dire les mots qui rassurent
Nombreux
Au Klin
Merci

Manquaient les chuchotements
Manquent les chuchotements
Manquent toujours

Et puis
Avec la miss Dejolilou 
On a vécu l'aventure
L'inattendue la surprenante la joyeuse aventure
Elle s'est arrêtée, la dame de Tokyo, avec son sourire et son grand sac
Nous avons négocié dans un anglais approximatif et risible
Et elle a tout pris
Mes cartes mes mots mes graines mes badges
Plein
Ses sacs ses pochettes ses fleurettes ses couleurs
Plein aussi
Et voilà
Dejolilou et Papillonnage sont désormais à Tokyo dans une jolie boutique !


Et puis aussi
La rencontre de la surprise celle qui porte une jupe rouge sur la photo
Silence ému
Et puis
Une ronde de blogueuses qui se forme près du banc

Tu as raison, Line
Ça nous apporte au moins tout ça

Et puis encore, le détail
Les détails
Si petits
Puisque détails
Mais que je transforme en tourments
Etrangement
Importants

Alors je m'en remets au soleil, à la jolie blouse, et à mes promenades...


Merci beaucoup à Emilie et Virginie de m'avoir accueillie dans cette édition du Klin d'oeil au Carreau du Temple.
Merci aussi pour toutes vos commandes de carnets.