20/08/2014

*Revenir*






















Quand je suis entrée dans l'appartement
Un papillon m'attendait
Posé sur le rideau blanc.
Un papillon noir.
Un papillon noir, sur le rideau blanc.

*

Pendant mes vacances, je n'ai envoyé que neuf cartes postales. Avec des minuscules pensées, ou des minuscules histoires.
Je vais les renvoyer d'ici, par trois.

Carte postale n°1 :

"Pendant mes vacances, j'ai commencé trois livres. J'aime beaucoup le titre du troisième. Je n'en ai terminé aucun encore.
Quand je lis, j'ai envie d'écrire. Alors je m'arrête. Mais j'écris peu finalement. Ou pas.
Je manque de solitude peut-être. Mauvaise excuse sûrement.
Je me déçois."

Carte postale n°2 :

"Je marche seule dans la garrigue. J'emprunte des petits chemins. Je gravis des petites montagnes. Je m'enfonce dans la nature inconnue.
Je pense à Pauline Lafont. Je me demande qui se souvient encore de Pauline Lafont."

Carte postale n°3 :

"Un matin, je roule seule sur la petite route déserte en écoutant chanter ce garçon à la voix plaintive. Je cherche du pain. Je roule 15 km avant le premier dépôt sans croiser personne. J'imagine que je roule vers quelqu'un.
En rentrant, je m'allonge sur le muret en pierre. Je ferme les yeux. Les enfants courent autour de moi. Par moments, j'ouvre les paupières et je les observe. Je regarde leur corps jeune, leur beauté. Je pense à leur avenir. Et au mien. Je pense : je ne suis plus jeune, moi."

A suivre...


31/07/2014

*Partir*






















Juillet se termine, un jour je suis gaie le lendemain je suis triste
J'aime traverser Paris en pédalant et m'accorder des suites des élans des promenades infinies, la nuit, sur les trottoirs déserts
Il a été question de pampilles d'endroits particuliers de romans-photos de films en noir et blanc, de robe en tulle aussi de moquette chamarrée de petits pas dans les graviers
Juste de quoi se nourrir pour rêver ensuite les yeux fermés

J'ai aimé le vert des matins paisibles de juillet
J'ai aimé le doux de certains mots dans le silence
J'ai aimé le frais des draps et le bruissement des pages

C'est de saison
Je fais mon baluchon
Je ne vais pas à la mer
Je ne prends pas l'avion
Je n'ai pas de chapeau
Pas besoin d'épuisette
Juste deux maillots
Des robes un pull-over
Et puis trois livres
Un carnet
Le début de mes calendriers à avancer
Un petit mouchoir
De nombreuses questions
Et votre silence

Je sers le nœud bien fort.
A bientôt.

Pour vos commandes, il n'y aura pas d'expédition entre le 1er et le 20 août. Merci beaucoup.

25/07/2014

*Déambuler*


























Et si soudain la douceur des jours incitait au silence ?
L'été se promène nu pieds et je l'accompagne le rouge aux ongles et les pensées volatiles. Le carrelage est frais, le parquet endormi, les caillebotis brûlants, le gazon taquin, les galets résistent, le sable caresse, les draps épousent, la mer lave... Je regarde mes pieds et je ne dis plus rien. Les explications seraient confuses. C'est l'été. Je laisse planer mes sensations les yeux fermés.

J'essaie je commence je recommence j'hésite je doute j'abandonne.
J'écris je rature je recopie j'efface j'annule.
Mes projets ne s'ancrent pas. Comme moi, ils déambulent.





20/07/2014

*Instantaner*



























La petite voiture s'éloigne sur la contre-allée pavée
Immobile, elle la regarde s'éloigner
Elle a un petit sac à la main, elle fait un signe de l'autre
Le soleil l'éblouit
Le bas de sa robe rouge se soulève légèrement
Une mèche de cheveux s'envole

J'aurais bien aimé faire la photo. Vous raconter peut-être la scène précédente aussi. Puis la suivante. Ecrire un roman photo. Le roman photo de l'été.

11/07/2014

*Déverser*

































Lundi j'ai écrit à Julie et je lui ai dit, Julie, tu sais, je ne sais plus comment je lui ai dit, mais j'ai dit, tu sais, Julie, souvent, les mots m'inspirent. Et déjà, lundi, je pensais déluge. Déluge. J'avais envie d'écrire déluge. J'ai envie d'écrire déluge. Hier, j'ai écrit déluge aussi. Je pense déluge. Je ressens déluge.
Il y a la pluie bien sûr. Mais pas seulement. Ce n'est pas la pluie qui m'a fait penser déluge, mais maintenant la pluie l'accompagne. La pluie est en accord avec ce mot qui se promène en moi.
Je pense déluge. Je pense un déluge. Je sens un doux déluge. Quelque chose qui surprend qui coule qui dévale qui caresse qui emplit qui inonde qui renverse qui se déverse qui malmène qui enveloppe qui parcourt. Partout.
Je pense un déluge.
Un déluge pour toi, chante Christian Belin. C'est beau, un déluge pour toi.

J'ai envie de disserter déluge. J'ai envie de danser déluge. J'ai envie de déluge.
Mais je vous l'épargne.


09/07/2014

*Pinsonner*

































Il pleut il pleut encore mais peu importe
Il pleut j'enfile une robe et je danse dans la cuisine je danse pieds nus sur le parquet je danse dans mes chaussures dorées
Il pleut il pleut oui mais tant pis je sors avec mon parapluie j'enjambe les flaques je sautille pour aller plus vite je te prends par le bras je t'embrasse je te souris
Il pleut il pleut encore il pleut toujours c'est bien aussi les cheveux qui dégoulinent les tissus qui se couvrent de pois anthracites l'asphalte et les pavés qui luisent
Il pleut il pleut il pleut je cours plus vite j'arrive à l'heure dans la salle aux dorures et aux fauteuils
Il pleut le jour il pleut la nuit les bars sont pleins la piste aussi
Il pleut dehors je danse encore
Il pleut je bois un peu
Il pleut toujours j'écris aussi
Il pleut longtemps j'écris ailleurs, différemment
Il pleut je lis sur mon lit
Il pleut je cuisine
Il pleut je dessine
Il pleut je câline
Il pleut je bricole
Il pleut je paresse
Il pleut je petits mots
Il pleut je Grand Palais
Il pleut c'est un peu monotone mais je ne suis même pas triste
Il pleut j'ai du avaler un pinson et c'est bon

06/07/2014

*S'exhaler*
































Il y a comme un petit air d'abandon. C'est parce que les mains frôlent la soie et que la soie est légère et que le souffle du vent dans l'escalier de pierre.
Il y a comme un charmant dédale. C'est parce qu'après Le square, je me perds dans un jardin minuscule puis dans un plus grand où se côtoient le marbre et les pampilles et où je voudrais m'endormir.
Il y a comme un sentiment de légèreté. C'est parce que les jambes nues et cette danse que je ne retiens plus enfin.
Il y a comme quelque chose d'éclatant. C'est parce que le rire les regards le liseron rose qui enlace.
Il y a comme une émotion nouvelle. C'est parce que Palermo Palermo, un mur qui s'écroule et l'instant qui se prolonge s'invente et se répète.

Mais je ne suis pas très loin.

Le silence s'exhale et le plaisir aussi. La nuit me rassure. L'été s'épanouit.


26/06/2014

*Découdre*































Tout est décousu
Un peu ici, un peu là et l'essentiel nulle part
Je n'écris plus vraiment

Je profite du léger de mes robes, des pas de danse dans les nuits d'été, des rhums arrangés, des baisers, de mes songes, de cet auteur que je découvre, du bord de l'eau, des courants d'air, des mais oui Princesse, de la dentelle, de cette pause sur une chaise verte, des arrosoirs dans le soir, de la pastèque, de la longueur de mes bras, de la douceur de nos draps, du crissement des graviers, de l'ombre dansante, de l'abondance des plantes, de cette longue descente, du scintillement de la poussière, de la lumière jaune des réverbères...

Je voudrais énumérer encore tout au long de votre nuit des mots sortis de mes pensées
Des mots chuchotés, allongée, la fenêtre entrouverte et le rideau qui se soulève

Laisser reposer un peu peut-être

J'ai mis des petits lots avec des badges et des cartes dans le magasin...

22/06/2014

*Contenir*



























La nuit tombe et les galeries autour du jardin du Palais royal sont désertées. L'espace s'offre. Nous avançons. Le grand espace, la galerie immense et longue s'offre m'invite m'attire m'aspire me traverse. Je lui dis.  Je lui dis j'ai envie de m'élancer. Comme ça. Je tends le bras devant moi. J'ai envie de courir et de danser et de sauter comme une danseuse à l'Opéra. Comme une danseuse et faire n'importe quoi. Comme ça. Je lui dis mais je ne le fais pas. Et j'aime le bruit de nos pas sur les grandes pierres anciennes. J'ai mis mes ballerines et je pense à Jean Seberg.
Il me pousse. Elance-toi danse je te regarde. Il me pousse il m'incite allez il m'encourage. Mais je ne le fais pas.
Je sens combien je me retiens. Je sens combien j'étouffe mon désir.
Alors c'est lui qui s'élance et qui danse et nous rions beaucoup.

Puis arrive le moment de la place de Valois.
Je crois que j'aimerai toujours les nuits d'été et leurs possibilités.