17/09/2017

*Correspondre*































Le temps n'est pas à l'écriture.
Le temps est à l'automne, aux choses qui dégringolent, le temps est aussi aux nouveautés, j'avais promis de revenir vous en parler.

Un :
Faites un petit tour en boutique à la recherche de cartes que vous ne connaissez pas, cherchez aussi les calendriers Marque-page et Duo millésimés 2018,  les petits carnets tout frais, et les cartes de fin d'année qui se tiennent déjà prêtes.

Deux :
A partir du 30 septembre, je serai à la Cachotterie avec Nathalie Magret et Frédéric Clément pour l'exposition "Les petits papiers".
A visiter tous les samedis jusqu'au 18 novembre. (On y trinque le 30 !)

Trois :
Du 4 au 8 octobre, Julie Bourdais et moi exposons à l'Openbach la correspondance que nous entretenons depuis juin 2014, et qui ne cesse de nous guider vers des projets que nous ne connaissons pas tous encore. (On y trinque le 4 !)
Nous avons par ailleurs ouvert un compte Instagram, "Projet S'écrire",  à suivre ici, comme un petit laboratoire autour de cette aventure.

Voilà. Je n'oublie pas que j'aimerais écrire mais j'ai encore du travail pour préparer tout ça !

05/09/2017

*Poindre*





Je regarde le rose poindre par-dessus la balustrade. Il s'accorde, dans l'aube, aux volubilis fraîchement éclos.
Je n'entends même pas un oiseau.
Le silence m'aspire, c'est à lui que je confie.
Dans le ciel qui peu à peu s'éclaire se forme un petit nuage. Le paradoxe est que je lui trouve la forme d'une bouche.
Je tarde à revenir, il est tellement plus simple de parler aux fantômes.

*

Vous savez que vous pouvez aussi regarder par pour voir ce qui se passe.
Et très bientôt je vous écrirai les couleurs des nouveautés et le parfum des expositions à venir. 

21/07/2017

*S'écrire*




Je n'ai pas le temps d'écrire ce soir. Je n'ai pas le temps d'écrire que j'ai pris un train. Je n'ai pas le temps d'écrire que j'ai pris un train avec toutes ses lettres dans mon sac. Toutes les lettres reçues d'elle depuis juin 2014. Je n'ai pas le temps de l'écrire. J'ai pris toutes ses lettres dans mon sac, puis le train. J'ai pris toutes ses lettres pour la rejoindre.
Le train s'est arrêté souvent avant la mer, j'ai eu le temps de relire quelques lettres. Et d'y répondre encore. J'ai eu envie de poursuivre. On s'est beaucoup écrit déjà avec Julie.
Je n'ai pas le temps d'écrire ce soir que j'ai pris un train avec un sac plein de lettres pour retrouver Julie dans son jardin.
La belle échappée. L'évidente parenthèse.
Qu'allons-nous faire de toutes ces lettres échangées ?

Il a beaucoup plu le premier matin. Des trois fenêtres de l'atelier de Julie, je regardais tout ce vert se balancer dans le vent et les gouttes. Nous avons trié les lettres, nous avons fait des tas. 2014. 2015. 2016. 2017.
Je n'ai pas le temps d'écrire ce soir comment nous avons ri comment nous avons été émues.

Et quand le soleil nous a surprises à l'heure du café, l'herbe avait déjà séché. J'ai fait tourner ma jupe pieds nus sur la pelouse, le chat en était tout intrigué et puis.
Si on allait avec nos lettres au bord de la mer ?
Ho la belle idée.

Julie pioche dans mes lettres. Elle en sort une elle la déplie. Elle la lit à voix haute assise sur les galets. La marée est haute. Les vagues s'écrasent. Il faut faire porter sa voix. Ensuite c'est moi qui pioche dans ses lettres.
Ses lettres sont à moi. Ses lettres sont dans mon sac.
Mes lettres sont à elle. Mes lettres sont dans ses bras.
Je lis ses lettres à voix haute. Ma voix se substitue à la sienne. Ses mots se font miens. Ou pas.
Elle lit mes lettres à voix haute. Sa voix se substitue à la mienne. Mes mots se font siens. Ou pas.
Et nous piochons. Et nous rions.
Et nous lisons dans le vacarme des vagues et du vent, dans le silence du sous-bois, dans le clapotis du ruisseau, au beau milieu d'un champ.

C'est presque théâtrale.
C'est presque cinématographique.
C'est presque littéraire.
C'est presque photographique.
Et c'est soudain tout ça.

Cette échappée dans nos lettres nous conduit à notre oeuvre.

Je n'ai pas le temps d'écrire ce soir que Julie m'a accueillie dans sa maison. Je n'ai pas le temps d'écrire son sourire quand je lui ai dit, tu sais, j'ai toutes tes lettres dans mon sac.

Je n'ai pas le temps d'écrire car c'est l'été, je m'en vais découvrir d'autres paysages.
A la rentrée, il faudra parler des projets qui naissent des petits petits papiers pliés en quatre.

*

Et comme c'est l'été, les expéditions de vos commandes sont suspendues jusqu'au 8 août ! 



10/07/2017

*Désordonner*




J'ai coupé des fleurs fraîches et blanches au laurier, j'en ai rempli quelques vases. Une certaine façon de s'apaiser, j'ai écrit. J'étais aussi tourmentée que l'orage.

J'ai entendu mes paroles se déverser aussi subitement que l'averse puis s'interrompre dans l'épais brouillard qui s'est élevé au-dessus de l'asphalte.

Je me suis exercée à l'abandon, on m'y avait invitée. Cela m'avait fait l'effet d'une claque.
J'en ai gardé longtemps un léger balancement. Une danse forcée.

"Les années ont passé
Je ne sais plus dans quel ordre
Je n'ai pas trop parlé
Il y avait tant un dire
Les années ont passé
Je n'ai pas trop parlé
Je n'avais pas le goût
Je parle en fou"*

Et moi je pense en désordre et je ramasse chaque soir les pétales tombés sur le bois et je n'écris plus les jours je les vis d'abord, je respire le parfum des tilleuls et celui de la pluie dans les feuillages, j'enfile des jupes pour les faire tourner depuis que je tiens debout, je m'allonge dans des baignoires tout habillée et les fleurs de ma robe s'épanouissent dans l'eau et me recouvrent, si tu avais vu le rouge, je regarde mes garçons avec l'amour nécessaire aux papillons et je recueille les reproches autant que mes maladresses, je me suis tellement tue que cela me tourne la tête.


Je parle en fou, Bertrand Belin. 
A écouter surtout. (Pas besoin des images.)


29/06/2017

*S'adapter*


Il y a du nouveau et c'est par !
J'espère que cela vous plaira.... (Toutes les remarques sont les bienvenues.)
Je continuerai à écrire ici, mais tout est centralisé sur le nouveau site  pour plus de clarté.
Alors, mettez à jour vos favoris !

Et encore merci à Ernesto, mon webmaster de choc !


26/06/2017

*Semer*




Puisqu'il faut faire le vide, puisqu'il faut se séparer des choses qui s'entassent qui encombrent qui stagnent qui s'oublient, puisqu'il faut faire de la place puisqu'il faut s'alléger, je fais des sacs. Je fais des sacs de choses. Des petits sacs de petites choses. Je ne les regarde pas trop, j'y glisse un livre aussi et je m'assois sur le lit, ma tension me fait défaut.
Rechargée, chargée, je sors.
Je sors, je promène autour des immeubles mes sacs de petites choses que je dois oublier que je dois perdre dont je dois me séparer, puisqu'il faut faire de la place gagner de l'espace faire le ménage.
Et je sème.
Je dépose près des poubelles au coin des rues sur un rebord sous un arbre, tout près et parfois plus loin, les petits sacs de petites choses. Je dépose sur les trottoirs des sacs de bricoles et je ne me retourne pas parce que je sais bien qu'il pourrait me venir l'idée d'en remettre une ou deux dans mes poches.

*

Puis.
Je m'allonge tout en haut sous les petites feuilles de l'acacia qui dans sont pot s'incline, je m'allonge tout en haut sous le ciel que très loin les avions déchirent, je m'allonge sous mes pensées que le bleu dans son immensité aspire, je m'allonge longtemps et mon inertie creuse le silence.
Alors.
La nuit me recouvre.
La nuit me tombe dessus.


13/06/2017

*Rembobiner*








Je commence un nouveau livre dans le métro. A la lecture des premières pages, j'ai déjà envie d'écrire. Je pense à Mirabelle qui écrit sa vie dans les livres des autres. Je cherche un crayon dans mon sac. J'ai envie d'écrire deux choses sur le bas de cette page. Je ne trouve pas mon crayon. J'ai peur de perdre mon idée. Pour la retenir, je la répète en pensée en regardant autour de moi. Mon attention se fixe sur le talon de mon voisin, il est sorti de sa chaussure. Le beau talon nu d'un homme noir. Mon idée se suspend, se perd. J'ai toujours envie d'écrire quand cela m'est impossible.

L'après-midi se joue. Se rejoue. Se rerejoue.
Tu entends le froissement de la jupe qui se répète dans l'ombre ?
C'était un beau mouvement, il aurait été trop bête de le laisser s'évaporer, de ne le laisser devenir qu'un souvenir, une image insaisissable.

La gaité en résulte juste avant que la nuit se mette à bourdonner. Je guette les miettes de lumière au travers de mes paupières. Mon rêve est déchiqueté sur l'oreiller. Je voudrais m'en extraire.

Les éclats de mon rire me laissent quelques éraflures.
Je titube de paradoxes.
Je pense, je me fourvoie. Ce n'est pas joli. Mieux vaut s'égarer.

Je reprends la lecture du même livre sur la même ligne à la ligne suivante deux jours après.
Dès que j'aurai trouvé mon nom, j'écrirai limpide.
Je trouve toujours une raison pour reporter au lendemain.



08/06/2017

*S'étirer*
































Dans le métro je regarde ce garçon jeune et long passer d'une personne à l'autre, se pencher et chuchoter aux oreilles. Personne n'entend vraiment ce qu'il chuchote à cause du bruit métallique de la rame, personne n'entend vraiment mais chacun tour à tour hoche la tête. Non. Pas de pièce.

*

Rien n'a voir. J'aime beaucoup passer du coq à l'âne.

*

Il y a en moi une gaité profonde qui se tient sage. Elle s'allie de façon éclatante à d'imperceptibles ingrédients et s'exprime parfois de façon très inattendue.
C'est un délice.
C'est une clairière.
Il est beau ce mot, clairière.
C'est une clairière en retrait derrière l'entremêlement broussailleux des inquiétudes.
C'est une clairière où je me projette dans l'herbe tendre et la lumière.
C'est une clairière où tournent les robes et s'étirent les fantaisies.

*

Il y a ce jour où je regarde le jardinier du cimetière pousser sa brouette dans les allées ensoleillées. C'est paisible. Il y a ce jour où dans le sous-bois des flocons de fleurs blanches s'envolent dans le contrejour. Je suis pieds nus dans la gadoue, mes chaussures à paillettes à la main. Il faut traverser le petits bras de rivière à pieds. C'est aussi joyeux que glacé.
Je serai une vieille folle. Oui. Je mettrai parfois trop de rouge, et nous dînerons à la bougie dans des jardins aux herbes en pagaille.
Il y a ce jour où je reçois une brindille et cet autre où des brisous m'arrivent dans une enveloppe. Il y a des échanges qui me réjouissent. Et d'autres qui m'accablent.
Il suffit d'en maintenir l'équilibre.

Il y a ce jour où je traverse la rue avec un café dans chaque main et où je regarde mon ombre avancer devant moi sur le bitume. Je pose les tasses au milieu des peintures de celui qui a choisi de vivre d'utopie. Il me rassure. Tellement.



17/05/2017

*Plumetiser*


































C'est un jour ballerines vertes jupe moche lendemain de Sauvignon enclume dans les poches.
Ça commence mal.
Changeons de jupe.
C'est un jour ballerines molles jupe rose lendemain d'insomnie plomb dans l'aile.
Peut encore mieux faire.
C'est un jour jupe à plis bottines collant résille jambes au soleil fenêtre ouverte. Délice de chaleur qui fait sourire les pommettes. Clic clac. Elle sera belle cette image.
C'est un jour boots bleues à petits trous jupe en tulle matin frisquet, j'ai commencé un nouveau carnet pour m'accompagner jusqu'à vous. Le coeur aurait pu lâcher, il est solide, le vin nous aide et les pâquerettes.
C'est un jour pyjama pieds nus sur la terrasse l'eau qui coule de l'arrosoir. Ma première rose éclot, je chavire.
C'est un jour pantalon noir marinière ligne 2 La Vie matérielle. Et l'envie d'écrire qui revient. Les barrières aussi.

Je m'enveloppe d'un rideau de plumetis, le mot est beau, la sensation aussi.

Je ne veux pas tenir un journal car la vérité m'est impossible parfois. Je ne veux pas écrire la vérité.
Je ne peux pas tenir un journal car la vérité ne s'écrit pas ni ne se prononce. Elle se déplace. Elle me traverse. Elle me caresse. Elle me blesse. La vérité est une blessure, un obstacle doux et douloureux. La vérité me rend muette.

11/05/2017

*Caresser*




































Je me souviens de son cri de détresse dans le blanc, de son cri les yeux fermés dans sa douleur, de son cri crevant le silence, de son cri de son petit visage adorable, de son cri quand il a surgi soudain au-dessus de moi au milieu de nous, de son cri quand il a surgi de moi, mon petit mon tout petit visage. Et l'émotion qui renverse toute la réalité. Fragile déjà. Recroquevillée.
Les séparations sont douloureuses toujours. Il faut nous coller l'un à l'autre. Nos peaux s'impriment s'embrassent se réchauffent se répondent se reconnaissent se connaissent s'apprivoisent se mangent se lient se pressent se rassurent se posent s'aiment se subliment se murmurent. Nos peaux se murmurent tout entières et je caresse le silence bouleversé.
Aujourd'hui nous sommes 18 ans plus loin.

Je caresse le silence toujours, je l'habite, je caresse les pétales nouveaux les feuilles tendres je caresse de mes pieds nus le bois chaud de soleil je caresse les joues je caresse les ventres je caresse l'image de ce jour prochain je le rêve mais ne l'imagine, je l'invente à peine je m'y dirige seulement.
Et je cherche, sans trouver, mon nom dans les livres.


26/04/2017

*Incliner*



























Les oiseaux tintillent déjà dans le lointain, les yeux ouverts dans l'aube noire, je détaille l'ampleur
J'opte pour le repli j'opte pour l'envol
Vous prendrez bien un nouveau paradoxe ?



14/04/2017

*Inviter*





































Deux mots en passant pour vous dire que je serai les vendredi 21 et samedi 22 avril, pour une vente éphémère, dans la très jolie boutique Mint & Lilies, 27 rue Daguerre, Paris 14e.
J'aurai quelques-unes de mes cartes et des petites nouveautés autour du souvenir à vous présenter.
(Si vous me suivez sur Instagram, j'y ai semé quelques photos sur le sujet...)

Monsieur d'Antoine sera aussi de la partie pour présenter ses belles céramiques.

Vous viendrez ?

*

Et sinon, je suis dans le dernier Flow, le numéro 16, disponible dans tous les kiosques, pour ceux qui voudrait voir à quoi ressemble un papillon en robe...
Merci encore à l'équipe de Flow, et particulièrement à Sabine Laguionie et Valérie Lhomme, d'être venue à ma rencontre.

06/04/2017

*Défroisser*



































J'ai mis un souvenir dans ma poche
Un semblant d'élégance sur mes ongles
J'ai enjambé la Seine, l'air était plus frais que la veille

Bagarre de canards sur le quai, une fille pour deux garçons
Prise de bec, bris de plumes, cou tordu

Paris est rose comme un pétale
Les trottoirs en bleuissent avec le soir
J'aime cette heure qui décline
Les rideaux se tirent, les bars se remplissent

Le Petit fer à cheval est étroit, les tabourets occupés au comptoir
On s'y accoude, le Chardonnay s'y pose
C'est bon
Le blanc est frais comme un pinson

Je défroisse le souvenir
Les mots sont noirs sur le gris
Ce sera très intime
On échafaude
On épingle
On s'allie
Les projets grandissent en rêve, cela fait des sourires
Sous le lustre j'engloutis le poisson du jour tandis que la lumière se tamise

Après le petit dernier, c'est la nuit
La lune est dans mon sac
Les roues effleurent le caniveau
Et à l'aube
Les oiseaux en pagaille heurtent mon sommeil
Je disparais



30/03/2017

*Empiler*






C'est un matin mutique
C'est un matin mutique où rien ne se prononce
Bonjour s'écrit mais ne se dit pas

Tout m'avale

Dans l'éclaircie les moineaux bavards ressemblent à une flopée de pompons dans le jardin géométrique de l'hôtel de Sully
Le parfum des giroflées me rappelle celle qui s'est transformée en nuage
Je m'apaise dans le silence des fleurs et je regrette de ne plus écrire la futilité des riens qui me caressent

"J'ai longtemps été retenu dans mon envie d'écrire par l'idée qu'il fallait avoir un propos profond et que ce devait être tout de suite parfait."*
Philippe Guery est passé outre cette pensée, mais moi j'en suis encore un peu là je crois.

Les barrières s'empilent. Toujours plus hautes. Heureusement il leur manque quelques barreaux.
L'interstice invite à la découverte, j'explore les continents qui se dessinent dans la clarté où dansent les poussières

Notre mémoire est pleine de béances où sombrent des jours entiers
C'est aussi étonnant que la netteté de certaines images qui restent imprimées derrière nos yeux.**

*si je suis levé, Philippe Guery
** Je m'aperçois que cette phrase est presque une façon d'annoncer un projet à venir sur le souvenir. 



29/03/2017

*Cataloguer*

Papillonnage un peu particulier pour vous présenter mon catalogue destiné aux revendeurs. J'espère qu'il vous plaira... (On peut le feuilleter comme un vrai catalogue, j'adore !)
Merci beaucoup à Timor Rocks !