12/02/2016

*Développer*


































Et puis, quand on lui demanderait, mais que faites-vous dans la vie ?
Elle répondrait, je développe un chagrin.
Elle développe un chagrin comme on développe une idée comme on développe une réponse. Elle développe un chagrin comme on développe une maladie comme on développe une névrose comme une rose éclot. Elle développe un chagrin comme on bâtit une maison comme on peint un tableau comme on écrit un poème. Elle développe un chagrin comme on regarde le ciel comme la voile se déploie comme le bras s'allonge. Elle développe un chagrin comme un bébé grandit comme une souris grignote comme un souvenir vous ronge. Elle développe un chagrin comme l'horizon aspire comme les brindilles croustillent comme on se glisse dans un lit.
Elle chagrine à longueur de journée son petit chagrin. Elle le pense elle le choie elle le nourrit elle le cultive elle le cajole, son doux chagrin, elle le couve elle en prend soin. Elle développe un chagrin qui peu à peu emplit chaque parcelle de son corps de son esprit.

Elle répondrait en souriant, je développe un chagrin.

*

Il a dit, j'étais sûr que c'était vous.
J'ai répondu, j'ai beaucoup aimé jouer cette scène.

*

Mais sinon qu'est-ce vous faites dans la vie ?
Vous voyez bien, je développe un chagrin. Il est beau comme un songe.

*

J'ai beaucoup aimé jouer cette scène. Je m'amuse à vivre comme dans un film en noir et blanc. Ça m'allège.



07/02/2016

*Automatiser*






















Elle me dit, vous avez des automatismes.
Je pense, tiens, elle ose. Elle ose me dire ce que je ressens si souvent quand je lis les autres. Leurs automatismes. Leurs automatismes me sautent aux yeux et finissent par m'ennuyer. 
D'accord. Je vous entends. Je vais chercher les miens. Je vais les repérer et. 
Je préfère qu'elle me dise ça, plutôt que, c'est formidable ce que vous faites. Je ne l'aurais pas crue.
Elle me pousse au travail. Moi qui ne sais pas. Travailler.
Je préfère qu'elle me dise ça, je sens que sa voix est juste.
Elle me dit, vous avez des automatismes et immédiatement je pense, je dévie.
N'aurais-je pas aussi des automatismes dans les changements de mon humeur ? Dans mes réactions ? Dans la façon dont je plonge ? Et dans celle dont je me relève ? 
Bien sûr. Là, c'est à la gorge qu'ils me sautent, mes automatismes.
Quant à ceux des autres, certains me touchent, me rassurent, me poussent, certains me. Nouent. Je n'en peux plus de leurs automatismes. Je les. Rien. Je les rien. Ce serait trop violent. Ce serait inutile. 

Cette semaine, je veux retourner rue Sedaine et entrer dans ce petit bar à l'angle de la rue. Je suis passée deux fois devant, à dix jours d'intervalle, sans y entrer alors que l'envie d'y faire la même photo s'est répétée de la même façon. L'envie plane au-dessus de moi. Je dois y retourner.

Je demanderai. Un café allongé. Automatiquement. Le zing. Automatiquement. La banquette en Skaï peut-être. L'alignement des bouteilles. Automatiquement. Les fleurs. Automatiquement. Le regard porté au dehors. Automatiquement. Et au dedans. Automatiquement. J'observerai les gestes. Automatiquement. J'écrirai dans ma tête. Automatiquement. Je deviendrai un peu triste. Automatiquement. Je serai bien. Automatiquement. Et je laisserai se prolonger cet instant où je ne fais rien, où je ne fais rien d'autre qu'être là.


01/02/2016

*Entendre*


























Non,  je ne sors pas aujourd'hui, je réponds.
Je ne sors pas mais j'entends.
J'entends, tu me manques.
J'entends, la réalité que nous vivons ne peut pas nous suffire et nous avons besoin d'un ailleurs.*
J'entends, les mots m'ont sauvé du désespoir de la perte de l'absence du deuil. Ça, j'en suis sûre. Les mots sont un asile, un havre, un abri.*
J'entends, on fait toujours un livre sur soi. L'histoire inventée, c'est pas vrai. **
J'entends Emmanuelle Richard parler de son livre et je m'entends.
J'entends la machine qui essore.
J'entends cette chanson qui évoque.
J'entends des sirènes au loin et je ne peux plus entendre une sirène sans penser à la tuerie.
J'entends, nous ne sommes pas qu'un individu, nous sommes mouvants, nous sommes plusieurs.*
Je suis cigale et papillon et. Ça finira mal. Bon. J'écrirai une histoire.
J'entends, il y a des choses qui disparaissent, c'est le risque de la mémoire, c'est l'oubli. Ça fait partie de la beauté des souvenirs qui restent.***
Je vais oublier. J'ai déjà trop oublié. J'ai déjà tant oublié. Le beau comme le "mauvais".
C'est bien aussi. Peut-être. L'oubli.

Samedi, dans le métro, j'entends un violon qui pleure Le Lac des cygnes et j'ai envie de battre des ailes doucement en tournant sur mes demi-pointes. La mort du cygne. Putain de mélancolie.


* : Camille Laurens chez Augustin.
** : Marguerite Duras dans un documentaire, dans Les Nouvelles vagues.
*** : Emmanuelle Richard, dans Les Nouvelles vagues. 
Camille Laurens et Emmanuelle Richard, de belles lectures en perspective je crois...


22/01/2016

*S'inspirer*














C'était ce matin, il lui demande Augustin à Charlotte, mais qu'est-ce qui vous inspire ?
Et la Charlotte, la sublime, la Rampling, de lui répondre : vous. Vous m'inspirez.
Moi ? Mais pourquoi, s'étonne-t-il, le Trapenard.
Parce que nous avons une merveilleuse conversation, répond-elle. Et ça, c'est inspirant.
Et moi d'approuver tellement sur ma chaise.
Mais oui, elles sont si rares et si précieuses, les merveilleuses conversations, elles se font discrètes, elles se chuchotent presque, et autour, tout se fait inspiration.

Cette sensation m'a projetée dehors. Un élan. Evident.
Il faut dire que l'Augustin, il n'y est pas allé par quatre chemins. A quoi ça tient, la capacité à éveiller le désir ? Hein Charlotte. Comment vous faites pour rester si désirable ? s'interroge-t-il.
Juste être vivante. Rester vivante. Et rester vivante, c'est entre autre avoir envie. Elle dit ça, en gros, la dame Charlotte.
Ce n'est pas vraiment une révélation, plutôt une évidence. Qui a dit qu'il fallait se résigner ? Hein.
Alors j'ai eu envie d'un chemisier sapin et puis.
Je n'essaie plus (jusqu'à demain ?) de comprendre ce qui m'a fait m'étouffer pendant si longtemps, je me demande juste maintenant comment mais comment, mais où, mais que faire de toute cette énergie ces envies ces j'aimerais tellement qui me submergent ?
Peut-être commencer par partir seule à Venise faire des photos dans la brume et écrire dans un carnet des morceaux d'histoires vraies ?



18/01/2016

*Klaxonner*






































Le bus tarde à venir. Je prends un vélo.
Je pédale vite pour rattraper le retard et frôler la sensation de l'envol.
Je pédale je pédale je pédale, descends sur le quai, remonte sur le boulevard, contourne les travaux, évite les obstacles, je vais jusqu'à monter sur le trottoir à l'endroit où je n'ai plus d'espace.
Et là. Klaxon klaxon klaxon.
Zut. Quelqu'un a vu ma faute quelqu'un me tape sur les doigts quelqu'un ho là là.
Klaxon klaxon klaxon.
Et mon manteau qui découvre mes genoux et le rouge qui me monte aux joues.
Je tourne la tête et.
Petit klaxon.
Mais. Mais je reconnais cette voiture. Je me penche pour regarder à l'intérieur si. Mais oui !
Clignotant pour l'un, la petite voiture s'arrête sur le côté. Pied à terre pour l'autre, la béquille immobilise l'engin.
La portière s'ouvre les sourires s'épanouissent jusqu'au bout de nos doigts et deux bras se resserrent sur moi sans un mot.
Bonheur.
J'aime les bras qui m'enveloppent.
J'aime les bras qui me portent.
J'aime les bras qui m'embrassent.
Et tant pis si je suis en retard.




11/01/2016

*Ecouter*



En entrant dans le café PMU, j'ai d'abord remarqué le bas de sa longue jupe fleurie, ses collants en laine, puis ses chaussures orthopédiques, des sandales plates.
Son manteau était assez volumineux. Bleu. En tissu synthétique.
Je me suis installée au comptoir de façon à pouvoir l'observer. Elle y était accoudée aussi. Elle montrait sur son téléphone des photos à son voisin. Son voisin de comptoir.
Ses cheveux étaient d'un très beau gris clair. Longs. Soyeux. Enfoncés dans son manteau, on n'en voyait pas le bout.
J'ai pensé que j'aimerais qu'ils deviennent comme ça, les miens.
Elles avaient les ongles très longs aussi, tellement longs qu'ils se courbaient en douces griffes. Son vernis bleu était écaillé. Négligé.
Elle parlait beaucoup, commentant ses photos sur le ton de ceux qui se remémorent un doux passé. Et elle lançait des vidéos. Le son, fort, avait cependant du mal à couvrir celui de la télévision, mais il s'ajoutait au brouhaha. Elle souriait en regardant les images. Elle parlait du cimetière où était enterré son père. De la ville où elle était née. Elle disait, tu vois, on peut tout faire avec ça. En parlant de son téléphone. On peut tout faire. Et cela la laissait songeuse.
Et puis j'ai entendu le bruit des vagues et elle a ajouté : toute la nuit, j'écoutais la mer.



07/01/2016

*Souhaiter*





















Nous pourrions apprivoiser l'abandon
Nous pourrions nous abandonner un peu plus
Nous pourrions cueillir des brindilles
Nous pourrions aspirer l'horizon
En 2016
Nous pourrions être heureux

*

En vrai, dans les boîtes aux lettres, mes voeux 2016 sont comme ça !

*

Je vous souhaite de nombreuses déambulations et du bonheur en pagaille....

22/12/2015

*Offrir*




Quand j'étais très petite, à un Noël, j'avais commandé une poupée bébé garçon.
Le matin, au pied du sapin, il y avait un sacré déballage. Je n'attendais qu'elle, ma poupée.
Nous étions chez ma grand-mère, je me souviens d'un fouilli de cadeaux, de bras, de rires, de papiers, de cris, de grandes personnes autour de la table immense.
Au bout d'un moment, quand tout s'est calmé, je n'avais toujours pas ma poupée.
Grande inquiétude. Echange de regards.
J'ai vu mon père disparaître, j'ai compris qu'il prenait la voiture. Un long moment après, il est revenu, un peu essoufflé, avec un gros cadeau pour moi. Et là, il a dit :
- Le père-Noël l'avait laissé tomber dans le grenier !

Cette année, je m'étais commandée toute seule un joli sac. Et cette fois, c'est le facteur qui n'a pas assuré. Il a dû se tromper de boîte aux lettres. Ou alors, il a pédalé si vite que tout son courrier s'est éparpillé derrière lui ! Bref. Mon sac n'est jamais arrivé.

L'année prochaine, je commanderai de la neige pour Noël. On verra bien.
En attendant, je vous remercie pour vos mots doux et vous souhaite une fin d'année tranquille, dans de beaux bras...

(Pour vos commandes, il n'y aura pas d'expédition entre le 23 et le 4 janvier, mais les frais de port sont offerts avec le code CADEAU jusqu'au 31.)


16/12/2015

*Anniser*




Au moment de quitter son désordre, je remarque un livre au-dessus d'une des nombreuses piles sur la table.
Je le prends. C'est un livre d'Annie Ernaux. Je m'aperçois que je ne l'ai pas lu.
Je le glisse dans mon sac.
Il est très noir, celui-là, j'entends.
C'est très bien s'il est très noir, je réponds.

Dans le métro, je lis la préface.
Mes pensées s'en vont instantanément vers ma grand-mère. Je lève la tête. Je me mets à observer et décrire mentalement le visage de la dame assise en face de moi. Elle ferme les yeux. Sa bouche est le début d'un sourire. Ses lèvres sont entourées d'une multitude de ridules. J'imagine que sous le reste du rose de leur rouge, elles gardent le souvenir de nombreux baisers. Son visage est très paisible, sa tête à peine dodeline. Ses cheveux colorés ondulent en légères vagues immobiles. Elle n'a presque plus de sourcils mais un trait de crayon très doux en souligne le tracé. Ses cils sont extrêmement courts. Elle a posé une légère ombre sur ses paupières.
Je me demande jusqu'à quand j'aurai la force de rester coquette.

Dehors, il pleut, la nuit est tombée, les trottoirs luisent et brillent des lumières de la nuit. Les phares rouges des voitures font la queue leu leu.
Je descends le boulevard. J'ai un sac sur l'épaule rempli d'accordéons. J'ai un grand sac en papier dans une main rempli de légumes. J'ai un autre sac en papier dans l'autre main rempli de fruits. Je cherche avec quelle main porter mon parapluie. C'est presque acrobatique.
Mes pensées sont dans la lecture d'Annie.
Et puis dans cette image si heureuse de ma grand-mère, un après-midi d'été sous le prunus, alors qu'elle tient dans ses bras son premier arrière petit-fils.

Je suis presque arrivée en bas du boulevard, je ne sens pas la douleur de mes bras, je n'entends pas non plus le craquement, mais soudain je vois des dizaines d'oranges de clémentines de pommes et de poires s'éparpiller sur le noir luisant du trottoir tout autour de moi.
Mes pas mes pensées s'arrêtent, la pluie continue de tomber, il y a, pendu à ma main, le reste du sac en papier.





09/12/2015

*Chalouper*


























J'ai traversé le pont le matin
J'ai traversé le pont dans l'autre sens le soir
J'ai traversé le pont le matin j'ai compté les mouettes folles et gaies tourbillonnant sur le ciel clair
J'ai traversé le pont le soir j'ai compté les reflets colorés dans le noir du fleuve muet
J'ai traversé le pont le matin avec la chanson
J'ai traversé le pont le soir avec la même chanson
J'ai traversé le pont j'ai chanté la chanson j'ai accompagné la voix j'ai fredonné les mots
Je ne sais pas
Je ne sais pas si la chanson m'allégeait ou m'enfonçait davantage
Je ne sais pas si je l'aimais, la chanson, si je la comprenais
Mais la chanson me portait me poussait me soulevait m'enveloppait me traversait me terrassait me bousculait
La chanson chaloupait faisait chalouper mes sensations chaloupait mes sentiments faisait chalouper mon corps chaloupait mes pas faisait chalouper mon coeur chaloupait le bas de ma jupe faisait chalouper mes pensées chaloupait les lampadaires chaloupait la lumière faisait chalouper mes paupières chaloupait le pont chaloupait chaloupait, la chanson, allait jusqu'à faire chalouper l'horizon


Et la petite vente de Noël chez Maison Bastille, c'est dimanche !


03/12/2015

*Recycler*





































Je recycle cet ancien papillonnage, il me va encore très bien....
Je recycle car je suis très occupée à préparer vos commandes et le Little Klin d'oeil de ce week-end.
J'espère que vous viendrez nous voir...

Il y a eu aussi un faire-part pour Isaac et un faire-part pour BruneMais ça,  je vous l'avais déjà dit sur Instagram ! 

26/11/2015

*Se réfugier*





















Mon café est de moins en moins fort et de plus en plus sucré. J'ai choisi une jupe au tissu si fluide qu'elle danse sur mes jambes et vous savez comme j'aime. La soie se cache sous la laine douce. Je m'emmitoufle. Je m'arrête dans le rayon du soleil et me laisse pleurer sous la pluie. Je glisse mes mains dans les boucles sous les chemises et dans les pages. Je suis en quête de voix graves aux mots tendres de voix gaies aux mots chantants, je n'entends plus ceux qui piquent ceux qui crient ceux qui savent mieux que personne. J'offre à la lune son dernier quartier et je me rêve nue sous elle. Je me rêve dans un refuge abandonné. Je me rêve dans une chambre anonyme. Je me rêve sous la plume de cent édredons. Je me rêve dans le vent glacé de Venise. Je me rêve avec mes joyeux à me rouler dans la neige. Je me rêve patiente. Je me rêve muette à écrire tout enfin. Ou, au contraire, plus rien. Je me rêve une maison. Je n'ai plus envie de donner d'explications.

Et puis, merci beaucoup pour vos mots et vos commandes.
Et pour toutes celles qui s'inquiètent, le tampon "Boîte aux lettres" sera de nouveau disponible dans le courant du mois de décembre.



14/11/2015

*Sinistrer*








Avant, quand je passais devant le Bataclan, je pensais toujours à Jane. Jane B. C'est là que je l'ai vue la première fois en vrai. Dans le hall d'abord, on s'est croisées, puis en concert le même jour.
Maintenant, quand je passerai devant le Bataclan, je penserai encore à Jane, inévitablement, mais pas seulement. Je penserai à Jane, et au désastre.
Et puis, quand je tournerai à angle droit au bout de la rue Faidherbe avec mon vélo, parce que je tourne souvent à angle droit au bout de la rue Faidherbe avec mon vélo pour prendre la rue de Charonne, eh bien, oui, eh bien, non, enfin, si, l'angle sera toujours là, mais il ne sera plus droit, il sera obtus il sera mort. Et je ne pourrai pas m'empêcher d'imaginer les corps.
Et le vendredi,  quand le bourdon me prendra et que je dirai, viens, on va boire au Comptoir, viens, on va danser au Point éphémère, viens, on va longer le canal, comme je l'ai fait tant de vendredis soir, eh bien, je saurai qu'il est désormais possible de ne jamais se relever de cette envie-là.



13/11/2015

*Informer*



























Passer par ici vous dire que nous allons avoir trois raisons de se rencontrer prochainement :

Je serai chez Miss Dejolilou à Bourges les samedi 21 et dimanche 22 novembre.

Je serai au Little Klin d'oeil, à Paris, les samedi 5 et dimanche 6 décembre, avec 20 autres créateurs.

Je serai chez Maison Bastille, le dimanche 13 décembre, avec Mister Wood et Bla, bla etc !

Vous notez ?
Hier, moi, j'ai noté dans mon carnet : "Parfois, je ne sais pas pourquoi on me sourit."
Si vous venez me voir, je vous promets de ne pas chercher à savoir...



06/11/2015

*Vendrediser*




























Allez savoir pourquoi le vendredi soir plus que les autres soirs m'entraine vers le déclin. Allez savoir pourquoi le vendredi soir plus que les autres soirs je cherche la fuite. Allez savoir pourquoi la douceur de cette pluie de novembre m'attire. Allez savoir pourquoi je vais aimer entendre le claquement des talons sur l'asphalte. Allez savoir pourquoi l'odeur de terre mouillée le long du jardin des plantes va m'alléger. Allez savoir pourquoi imaginer mes doigts sur le verre de vin déjà me grise. Allez savoir pourquoi danser rend heureux je les ai vus dimanche sur les quais ce n'était que sourire. Allez savoir pourquoi la nuit est tombée à seize heures en même temps que les premières gouttes. Allez savoir pourquoi j'ai trouvé ça très doux. Allez savoir pourquoi j'ai contemplé longtemps les chemins sur la vitre mouillée et le mouvement des feuilles malmenées par le vent. Allez savoir pourquoi j'en ai profité pour commander des plumetis. Allez savoir pourquoi j'ai augmenté le son au moment de la chanson. Allez savoir pourquoi etc.
Allez savoir pourquoi surtout je ne veux pas le savoir.