29/11/2016

*Exposer*























J'expose pour la première fois quelques dessins originaux, et c'est à la très jolie Cachotterie de Frédéric Clément.

(Rosissement de joues.)

Vous pourrez y voir aussi les oeuvres de :
Michel Boucher
Pascale Bougeault
Frédéric Clément
Philippe Davaine
Caroline Fontaine
Lucile Jaeghers
Cécile Louvet
Nathalie Magrez
Philippe Mignon
Vincent Tessier
Boris Tissot

Le vernissage a lieu ce samedi 3 décembre de 15 à 21 heures, avec un cocktail à 18 heures.
Vous pouvez ensuite visiter l'exposition tous les samedis et dimanches de décembre !

Pour venir, toutes les explications sont ici :
http://www.lacachotterie.com/venir

*

Et dès que j'ai un peu de temps, je vous écris....




23/11/2016

*Rappeler*


































N'oubliez pas que je serai à l'Atelier du Petit Parc tout le week-end, et il y aura du beau monde !

20/11/2016

*Horizonner*



































Quand je me suis réveillée la tempête était passée avait chahuté les feuilles avait frappé de gouttes désordonnées les volets fermés avait renversé le rosier.
J'ai eu envie de voir la mer.
J'ai eu envie de sable mouillé j'ai eu envie d'embruns, du vacarme des vagues et de la folie du vent, j'ai eu envie d'horizon nuageux de dégradé de gris, de cheveux emmêlés et de courses sur la jetée.
J'ai eu envie d'un abri douillet.

J'ai pris la passerelle et j'ai pêché les mouettes parisiennes au-dessus de la Seine. Elles tourbillonnaient dans le ciel gris elles m'annonçaient la pluie.
Je les ai regardées se poursuivre.
Je me suis demandée si la mer leur manquait parfois, si elles en ressentaient de la nostalgie.

Paris, lâche-nous un peu qu'on s'horizonne...

*

Mes prochaines évasions sont répertoriées dans la colonne de droite. Nantes. Cachan. Paris. Saint-Germain-en-Laye (mais sans moi).


17/11/2016

*Se déplacer*




Muriel et Isabelle m'ont invitée à venir m'installer pour un week-end dans leur jolie boutique.
Je serai donc à Nantes à l'Atelier du Petit Parc avec cartes et calendriers les 25, 26 et 27 novembre prochain ! 
Vous passerez me voir ? 



10/11/2016

*Plisser*

























Je lui ai dit
Mon amour
Laisse la fenêtre ouverte, laisse-là s'envoler, les coccinelles ne sont pas des escargots, elles sont comme les papillons, elles ne veulent pas s'embarrasser d'une maison.

*

Tu vois cet instant minuscule coincé entre deux autres instants minuscules, tu vois comme il est immense ?
Et je fais un geste avec mes deux mains au-dessus de mon verre.
C'est ça que j'aime.
Les instants immenses.
Immenses de l'insaisissable (qui les remplit).


*

Il faudra que je vous montre mon plissé soleil. Il est parfait dans la brume.

*

Parfois les mots s'échangent.
J'ai emprunté ses étoiles mortes à un homme que mes lampadaires penchés ont inspiré.
Nous avons souri.
Ce serait l'histoire des mots qui circulent, ce serait l'histoire des similitudes, des pensées qui se croisent dans le ciel.

*

J'écris décousu car je prépare trop de choses en ce moment pour me concentrer autrement qu'en pointillés.
Cela me donne envie de poursuivre l'écriture d'un texte en désordre entamée à l'automne dernier.
Alors je ressors mon cahier, je relis les premières pages, je m'installe dans des bars pour tenter de poursuivre.
Mardi j'ai terminé ma page ainsi : "C'est insupportable d'écrire coincée entre deux femmes. Je pars."

*

J'ai mis à jour la liste des points de vente.
J'ai mis presque à jour les créations pour commande particulière.


03/11/2016

*Tourner*
























C'est parce que dans la tête tournent les petites phrases que l'on regrette d'avoir dites et tournent dans la tête les petites phrases que l'on regrette de ne pas avoir dites et tournent dans la tête les petites phrases que l'on regrette d'avoir entendues et tournent dans la tête les petites phrases que l'on regrette de ne pas avoir entendues et tournent dans la tête et tournent et serrent et renversent et tournent et serrent et basculent et tournent et serrent et poussent et chavirent, les petites phrases.

Une lettre minuscule perdue au fond de ma boîte interrompt le flux des petites phrases. Elles sont parfaites, ces minuscules lettres surprises et perdues. Dedans j'y trouve une chaussure au haut talon élégant, une plume collée dans le ciel et cette citation : "Fugitive parce que reine." Proust.
C'est tout. C'est tout ce que j'y trouve dans cette minuscule lettre et c'est un baume.

Lire Proust, peut-être. Lire Proust, enfin ?

Dans la nuit j'aperçois Venise depuis le Pont Marie et je rentre en chantant sur mon vélo volant.
C'est mon remède éphémère aux petites phrases manèges, aux petites phrases pointues aux petites phrases velues aux petites maladresses maladroites malhabiles maladies.

Chuuuttt.....
Laissez-moi, petites phrases, écouter l'automne.

*

N'oubliez pas de fouiller par ici, j'ai ajouté des Merci, des Boîtes aux lettres, la table des voeux, et ce n'est pas encore fini !



20/10/2016

*Epousseter*





































Dans mon rêve je porte des chaussures à talons hauts mais il m'en manque une.
Je me demande ce que le divan en dirait.
Dans mon rêve je marche dans une rue pavée sur la pointe des orteils de mon pied nu.
Il y a un lac derrière.
Il me manque une chaussure mais je ne suis pas inquiète. Je marche sur les pavés talon aiguille et pointe nue.
C'est peut-être parce que mon cordonnier m'a dit que je pouvais passer le voir, même sans chaussures ?
Ou bien c'est Cendrillon qui me poursuit encore.
Peu importe. C'est l'image et sa sensation qui me restent.

*

Je pense souvent, quand j'avance en presque sautillant sur les trottoirs luisants, à Nadia Vadori-Gauthier qui danse une minute par jour dans un endroit différent de la ville et d'ailleurs.
Je rêve de danser dans la ville depuis Mauvais sang. J'ai beaucoup vieilli pourtant.
Alors quand la petite musique dans mes oreilles m'entraine un peu, même avec mon caddie à étoiles, j'esquisse un saut de chat entre les matelas à l'abandon et les fleurs en plastique des vitrines. Je tourne sur le ciel éparpillé en mille morceaux sur le boulevard, je me suspens au cri métallique du dernier métro aérien, je tangue dans les impasses.
Peut-être que je rêve. Je rêve que je danse.

*

J'ai mis une robe d'un autre temps et caché un peu de dentelle. La coupe est pleine, c'est enivrant. Je vis ma vie en noir et blanc.

*

Je sais bien ce qu'ils diront.
Mais j'époussette la réalité.
Pfuitt. Comme ça !


13/10/2016

*Tituber*




Tituber parce que c'est joli, je titube tu titubes, c'est joli, tituber d'ivresse, tituber de joie, tituber d'amour, tituber de tristesse, tituber de danser follement, tituber de doutes, tituber d'errance.

*

Je titube
Je ramasse des pommettes
Je fais un petit dessin le matin
Je m'offre à la dentelle
Je coupe des légumes en rondelles
J'embrasse leur nuque penchée j'enlace leur corps de rêve
Je ne marche plus je sautille
Je dodeline
J'écoute Baudelaire s'élever au-dessus de nos pintes ambrées
C'est beau. C'est si beau. Ça effleure.

*

J'ai retrouvé la sirène. Ses cheveux délavés couvrent ses épaules rondes de laine.
Elle fait des Sudoku à plat ventre sur le trottoir, le corps gainé dans son duvet kaki clair.
Plus de tente ni de parapluie pas de sourire, elle parle aux courants d'air avec une certaine nonchalance sur l'anthracite.

*

Pourvu qu'elle titube.
Moi aussi je parle aux courants d'air et je souris à la Seine, cela apaise.

Je veux croire qu'il n'est pas vain de tituber et je veux continuer à me tenir en déséquilibre  sur l'imperceptible puisque je ne sais pas faire autre chose.


*

"Je marche à toi, je titube à toi...", écrit Gaston Miron.
Ceux qui ont le temps peuvent l'écouter là, par Babx. 
C'est magnifique.


03/10/2016

*S'effilocher*











































Tu te demandes pourquoi ce petit manteau. Et ces chaussures.
Tout à coup, tu n'assumes plus.
Tu te demandes pourquoi ce chemisier. Tu regrettes. Tu passes ta main trop de fois dans tes cheveux. Tu penses au trait noir sur tes yeux.
Tu te.
Tu te désagrèges en souriant.
C'est l'effilochement.

Tu passes la plupart de tes jours à t'effilocher. Tu tires un à un les petits fils qui à peine déjà te tiennent. Tu les emmêles et tu ne parviens plus à. Tu vois ? Tu ne parviens plus. Tu ne parviens plus nulle part ailleurs que dans le désordre de tes propres fils.
C'est peut-être le regard aussi. Celui que tu reçois. Une affaire de regard peut-être. Il faudrait développer, là.
Il faudrait développer les regards. Ceux qui ne regardent pas. Qui regardent sans voir.
Le regard qui écrase. Le regard qui ignore. Celui qui caresse. L'autre qui s'interroge. Qui s'intéresse.
Le regard qui te fait courber la nuque. Le regard qui méprise. Celui qui admire. Celui qui juge. Le regard absent. Celui qui manque. Et celui qui de façon inattendue te fait te redresser si vivement que tu en vacilles.
Il faudrait développer les regards.

*

Le fou rire à cause d'une chanson qui passe en boucle.
Le soleil sous lequel je m'échappe ce sombre dimanche.
Le cocktail ivoire sous le regard de Marguerite D.
Les petits oeillets qui fanent dans les coupes.
L'autour.
Le rose du crépuscule.
La robe de soirée que l'on ferait s'envoler comme sur cette photo en noir et blanc.
Une allumette que l'on craque et une porte que l'on prend.
Les arbres noirs dans la nuit.
Les bougies.
Et

On pourrait coudre à petits points les instants qui s'enchaînent et ceux qui d'une façon ou d'une autre se figent. On pourrait coudre à petits points blancs. Ce serait joli.

*

Merci beaucoup pour vos commandes.

25/09/2016

*Dévier*




















La dernière fois qu'elle n'a pas dansé elle prenait un café. Des mèches de ses cheveux voletaient dans sa bouche elle avait mis le soleil dans son dos elle sentait ses rides sourire mais cela n'avait plus d'importance.

"Ce n'est pas se résoudre, mais s'éteindre en silence. Il lui faut reconnaître sa défaite, accepter le bruit long de la chute puis le silence creux de son être vidé, être la seule à l'entendre résonner dans le jaune de l'été."*

La dernière fois qu'elle a dansé c'était sur cette chanson-là  et c'était d'une grande gaieté. Ils étaient seulement quatre sur la petite piste, accompagnés par la joie, elle n'était pas vraiment elle ou alors peut-être l'était-elle complètement tu vois.

"A la noce, elle était gaie, cela n'a rien à voir avec le bonheur."*

A boire du rhum, à danser sous la lune, à faire tourner sa jupe, à s'appuyer aux comptoirs, à sombrer dans le noir, à user ses talons sur les trottoirs, on ne tient pas la route. A regarder l'horizon, à emprunter les chemins de traverse, ceux qui sentent la noisette, on ne tient pas la route, non, on dévie.
Tu dévies tu te dis, ces chemins sont dans ta tête, tu dévies mais tu sens combien sont douces les pentes des courbes déviantes.
Juste avant d'ouvrir les yeux.

"Elle n'est plus que l'enveloppe d'elle-même, un corps qui se lève, mange, dort, ronge au sang ses ongles d'ouvrière ; elle réussira bien, à force de se dépeupler, à n'en plus souffrir."*

Les lectures, parfois, hein, les lectures.

Et puis au fond de la petite ruelle, la rose.
On se fabrique des images au fond des impasses, là où s'arrêtent les petits chemins de traverse, là parfois où commencent les caresses.
L'escalier était vert.

"Elle a des audaces."*

La dernière fois que je danserai, j' espère que j'aurai oublié tous mes regrets.

"Elle a beau chercher, elle ne cherche plus, elle vient de trouver. Elle est belle, à genoux."*

*

Ecrire un peu en mêlant aux miennes quatre phrases sorties des quelques pages de ma lecture matinale : Les gens dans l'enveloppe, Isabelle Monnin.


23/09/2016

*Automner*


























Les temps ne sont pas à l'écriture.
Les temps sont à l'automne, aux choses qui dégringolent.

*

Les temps sont aussi aux nouveautés



12/09/2016

*Se balancer*






Il la soulève et elle attrape les deux anneaux qui semblent accrochés très haut dans le ciel noir.
Il la pousse et elle se balance, suspendue par les bras, éclairée dans l'immensité obscure, le visage rayonnant de joie, lumineuse.
Sa robe longue volète derrière elle, puis devant quand le balancement s'inverse.
Les femmes se succèdent et la scène se répète.
L'homme qui soulève. Les bras qui se tendent vers le ciel. Le visage radieux. La robe sublime. Le doux balancement silencieux du long corps gracieux.

Il y a ce moment aussi où une femme parcourt tranquillement le devant de la scène et se penche en offrant ses seins, qu'elle sort à peine de son décolleté, posés dans ses deux mains. Elle répète en silence et en souriant ce mouvement d'une sensualité émouvante.

Ecrire les scènes qui restent en mémoire plusieurs jours après un spectacle pourrait être un exercice. Ces deux-là sont dans ma mémoire depuis une semaine, sorties de mon Pina annuel,  une création de 1986.

*

Un jour quelqu'un m'a dit, je me protège, pour m'expliquer son silence.
Je comprends maintenant.
Certains mots me heurtent sans le vouloir. J'ai besoin d'espace temps pour ne plus entendre un peu.
Ne me demandez pas pourquoi.

*

Je regarde les volubilis s'enlacer chaque matin un peu plus et c'est beaucoup déjà.

*

Une confidence quand même : les calendriers 2017 sont presque prêts !


04/09/2016

*Noircir*





































- Oui mais c'est un peu noir.
- Oui mais c'est beau.
- Oui mais mes lectrices n'attendent pas ça. Mes lectrices veulent les robes légères les chaussures vertes les nuits qui dansent les trottoirs luisants l'horizon qui aspire, la malice. Mes lectrices attendent le papillon au tournant, pas le cafard et sa déchéance annoncée, même avec élégance. Tu comprends? Mes lectrices veulent les mots d'amour inventés la mélancolie fleurie les larmes aux paupières dorées les doux songes en bordure de l'obscurité. Mes lectrices ne veulent pas le noir profond de la plume ni l'abandon dans l'irrémédiable pente, l'inévitable précipice.
- Laisse le papillon te porter vers d'autres rives.
- Où je pourrai m'échouer ?

Ça bascule entre rose et noir. Comme moi.




21/08/2016

*Végétaliser*




Quand on rentre, on bute toujours sur la façon de s'y prendre devant le nombre et la diversité des tâches. J'en passe par l'observation silencieuse et la lente réflexion aboutissant au renoncement.
Je déplace les priorités.
J'ai fait un tas de petites phrases. Un tas de petits dessins. Un tas de petites pensées. Un tas de petits papiers. Je les laisse se reposer.
En attendant, je ramasse les feuilles mortes du laurier, je redresse les volubilis égarés, je nourris le lierre épuisé, je caresse les capucines empuceronnées, j'encourage le frêle rosier.
La journée sera végétale. Ça me plaît de commencer par là.

*

Le refuge se trouve parfois dans la fuite. Rattrapez-moi !

*

Et, comme promis, j'ai éparpillé avant de rentrer les pages du carnet de l'été.



29/07/2016

*Tourner*


































Elle avance debout sur le petit muret qui longe le jardin des Tuileries. Elle tourne sur la pointe des pieds. La nuit est tombée, de l'autre côté la grande roue s'est allumée. Sous l'ombre noire des marronniers, dans les coins les plus sombres du parc, des couples s'enlacent sur les bancs de pierre, des garçons ont mis un peu de musique et fument en cachette.
Les gardiens surveillent et le faisceau des lampes-torches balaie les jambes nues.

*

Les robes qui tournent m'ont toujours allégée des petits poids et autres écorchures.
Donc.
Je passerai le reste de l'été en robe.
Je m'imagine écrivant le soir quelques mots dans un carnet dont j'arracherai chaque page.
Je les posterai une à une. Au jour le jour. A quelques-uns d'entre-vous.

*

Le titre du troisième roman de votre été pourrait être : Une robe de cigale.

*

Une pause en robe jusqu'au 21 août.
Avec quelques signes par ici