18/12/2014

*Saisir*
























C'est parce que lundi j'avais froid sur les quais
La Seine était marron j'aime ses remous et le gris tout autour
J'ai marché longtemps accompagnée par une cascade de messages et sur mon visage des sourires en cascade

C'est parce que mardi j'ai senti qu'elles me tournaient autour Tristesse et Mélancolie alors j'ai mis dans mon sac un lapin trois oiseaux une bouche épinglée sur un coeur un truc doux j'ai pris un vélo le soleil m'éclatait au visage c'était délice
Et c'est à ce moment-là que j'ai lu, vous pourriez nous écrire une chanson ?

C'est parce que mardi (toujours) il a dit, pourquoi êtes-vous si insaisissable ?
J'ai dit mais voyons, comment voulez-vous que nous nous saisissions ?

C'est parce que mercredi on m'a offert Arthur (H) et il m'a dit, regarde droit devant et avance. D'accord. Et il m'a dit aussi, viens nous irons vivre libres, dans un pays sauvage. J'arrive. Et il m' a demandé
est-ce que tu aimes
est-ce que tu aimes
est-ce que tu aimes
est-ce que tu aimes
est-ce que tu aimes
est-ce que tu aimes
Et puis, il a dit, je suis beaucoup trop sensible mon petit coeur...
Et plus doucement, je suis un bandit, tu sais. (Mais j'aime les bandits, Arthur...)
Il m'a dit aussi, le bonheur c'est plus précisément oublier. Oui. Mais moi je ne veux pas oublier, tu sais Arthur, j'aime me souvenir.
Alors il a dit encore, quand on veut vraiment quelque chose souvent on l'a. Et il a dansé avec Madonna.
Puis on s'est serrés sur cette chanson-là, sur ce désir-là.
Il m'a dit tout et il a regardé vers moi, merci à vous d'être là.
Alors je lui ai dit, Arthur, tu sais, tu peux me tutoyer maintenant.
J'avais envie de danser sur le trottoir mais il pleuvait.
J'ai pris le métro et déjà tu dormais.

*
Attention attention, pour vos commandes, il n'y a aura pas d'expéditions entre le 22 et le 28 décembre.



15/12/2014

*Dupliquer*












C’est joli ce que tu m’écris. C’est joli. C’est joli ce que tu devines. Oui. c’est joli. C’est joli ce que tu imagines. C’est joli ce que tu. Oui. C’est joli ce que tu m’inspires. Oui. Je crois. C’est joli. C’est joli ce que tu me lis. Oui. C’est. C’est joli. C’est. Ce que tu envisages aussi. C’est joli. C’est joli ce que tu me dessines. Oui. C’est joli ce que tu ne dis pas. Si. C’est joli. Je. C’est joli ce que tu me suggères. Oui. C’est joli ce que tu. C’est. Si. Joli. C’est joli ce que tu répètes et que tu balbuties même. Oui. C’est joli que tu n’hésites pas. C’est. Oui. Je ne sais pas. Joli. C’est joli ce que tu inventes. Ce que tu me présentes. Merci. Oui. Joli. Vraiment. Ce que tu me voues ce que tu m’avoues. Tu. C’est joli. Ce que tu. Tentes. C’est joli ce que tu danses. Aussi.
Oui.

*

Je me permets un doublon, manquerais-je d'inspiration ?
Je manque de temps plutôt, je manque de temps, je manque de ce calme nécessaire aux petits mots. Je manque d'espace.

*

Merci pour toutes vos commandes, et, attention, ce sont bientôt les vacances ! 



07/12/2014

*Youyouter*



















La petite dame chinoise m'a chuchoté en mettant son doigt devant sa bouche qu'elle allait partir d'ici
La petite dame chinoise a fait un geste de la main dans la direction de son départ
La petite dame chinoise m'a écrit sur un mouchoir en papier l'adresse de l'endroit où elle travaillera dès lundi
La petite dame chinoise a dit "chut" et a regardé discrètement derrière la porte
La petite dame chinoise m'a dit, personne ne sait ici
La petite dame chinoise m'a écrit son prénom aussi
La petit dame chinoise s'appelle You You
J'ai dit, d'accord, à la petite dame chinoise, je viendrai vous voir
Et je suis partie avec le petit mouchoir, plié en deux sur son écriture maladroite, dans mon sac.

Je pense que la petite dame chinoise ne sort pas seule dans la nuit
J'ai le petit mouchoir dans mon sac et je suis seule sur le quai désert et glacé
Dans la nuit
Je n'ai pas peur je n'ai pas froid je file je survole je me grise
Des lumières
Des pavés scintillants
Des fantômes
De la Seine profonde
Du lointain obsur

La nuit me chuchote des coquetteries
C'est joyeux
C'est délicieux
C'est vivifiant comme ce petit nuage qui sort de ma bouche quand je vous parle
C'est éphémère comme ce petit nuage qui sort de ma bouche quand je vous parle

C'est un joli prénom, You You
YouYou


Ce dimanche 14 décembre, je serai aux côtés de Mister Wood et Blabla, etc pour une petite vente autour d'un goûter chez Maison Bastille. (34 bis, rue Amelot à Paris 11e, à partir de 14 heures.)

02/12/2014

*Ondoyer*



















Les courbes de la passerelle déjà ont fait naître l'élan
Et
Pour la première fois depuis de très longues années j'ai mis une chanson dans mes oreilles
Le besoin subit de m'en emplir
Et
En haut des escaliers le public a frappé dans ses mains au rythme des premières notes de la musique
Et
J'ai descendu les marches de pierre en accompagnant les battements
Des mains
De mon coeur
J'ai souri
J'ai inspiré longtemps
Déploiement

J'entendais claquer mes talons sur la pierre
Et
La chanson a commencé en bas des escaliers
L'élan s'est amplifié
J'aurais pu suffoquer
J'ai marché traversé enjambé envisagé empli balayé dansé contourné ondoyé
Transportée que j'étais par la chanson
Très belle
Transportée par mon envie de m'élancer dans le parc
De me rouler dans les feuilles
De courir jusqu'à
Non
Si
Jusqu'à.
Rien.

Quatre
Je l'ai remise quatre fois dans le froid du matin
Puis une cinquième sur le chemin du retour
J'ai laissé ensuite mon corps résonner
Digérer l'élan
S'apaiser










C'est émouvant, dit-elle.
Cela me fait tellement de bien, dit une autre.
C'est si beau, dit une troisième.
Merci... chuchote une timide.

Nous nous tenons en retrait. Nos lettres sont exposées. Nous nous connaissions à peine. Nous voilà dévoilées.
Oui, c'est beau. Très. C'est émouvant. Très. C'est inspirant. Très. C'est beaucoup. C'est tellement. C'est un projet en cours. Ce sont des possibilités. Multiples. Des envies. Communes et diverses. C'est la liberté. La sienne. La mienne. C'est sans obligation. Ce n'est plus un secret mais c'est toujours un secret. Ce sont des prémices. Des bribes. Des instants. Du silence. Des aveux. Une vérité simple. Un chemin.
C'est. Notre correspondance.













Le soir
En rentrant
J'ai remis la chanson encore plusieurs fois très fort partout autour partout autour partout dedans partout dessous partout
Et
L'élan s'est évanoui transformé m'a étreinte m'a serrée m'a contrainte m'a blessée m'a étouffée m'a allongée
Anéantie

















Un jour
J'ai cousu ma bouche.

25/11/2014

*Ignorer*
































Je ne sais pas pourquoi ce bijou s'appelle Nénuphar
Ni pourquoi je le trouve beau
Encore moins pourquoi j'ai immédiatement eu envie de le dessiner en le voyant

Je ne sais pas pourquoi je lui ai dit, oui je sens que ça va mieux
Avec le sourire
Petit
Qui s'étire
Ni pourquoi le soir même le malaise
Encore moins pourquoi toujours les vagues
Qui reviennent



































Je ne sais pas pourquoi souvent je n'ai pas envie de raconter
Ni pourquoi je dis de moins en moins
Encore moins pourquoi si je décide d'essayer, je ressens aussitôt la sensation de patauger


Je ne sais pas pourquoi je comprends peu à peu que tout se passe entre parenthèses






















Je ne sais pas pourquoi cette petite phrase tourne dans ma tête depuis plus d'une semaine :
"J'ai décidé de m'enfuir en vélo, et c'est en prenant la petite rue sur la droite que j'ai perdu les pédales."
Il faut que je trouve un petit texte pour la placer.
J'aime bien tout ce qu'elle permet d'imaginer.

Je ne sais pas pourquoi Yeah Yeah Girl a décidé d'organiser un petit concours sur son blog, mais je sais que vous pouvez gagner un calendrier Marque-page, un calendrier Accordéon et un coloriage de l'Avent si vous allez jouer.
Je sais aussi qu'Emilie Yeah Yeah est une fille adorable et que... Non. Rien. Je lui dirai à l'oreille.


18/11/2014

*S'exposer*














Depuis quelques mois, Julie et moi entretenons une correspondance.
Julie va exposer nos lettres les samedi 29 et dimanche 30 novembre dans son atelier.
L'occasion aussi de faire une petite vente de dessins, de calendriers, de petites cartes, de céramiques, de sourires aussi...

13/11/2014

*S'ensoleiller*





























"Il y a un peu de soleil. J'aurais bien lu un bout de soleil vu par vous !"
Sourire.
C'est tentant il me tente il m'incite il m'invite à écrire.
Je descends plus vite le boulevard. Tic tic tic tic tic, je lui réponds, tic tic tic tic tic, mes talons, tic tic tic tic, oui, je cours vous écrire.
Je pense, sous le soleil exactement, d'abord. Je pense, non, le soleil n'est pas exactement au-dessus de moi, là. Il décline déjà. Tic tic tic tic tic, je ne serai pas à temps à mon bureau. Tic tic tic tic, il doit m'inspirer maintenant le soleil car, quand je serai arrivée, je le sais, il n'y sera plus.
Et.
J'y suis. A mon bureau. J'y suis et il a tourné. Il s'est caché, je le savais, derrière l'immeuble, le soleil. Il éclaire à peine encore les plus hautes feuilles de mon petit saule. Alors. Ecrire sur le soleil quand il ne me caresse plus la nuque quand il ne me chauffe plus les chevilles quand il n'éclaire plus le mur quand il ne rayonne plus dans mon dos, ce serait l'improviser. Improviser le soleil pour vous.
Non.
Il sentirait la pacotille.
Il reste, sur mon balcon, l'ombre et le vent qui malmène les roses fanées.
Je sens que ça tourne, là, mon écriture, que ça tourne à la mélancolie toujours.
Je me souviens que, dans le bus, tout à l'heure, le soleil éclairait mon visage et que j'ai dû fermer les yeux. Je crois que j'ai dormi un peu. Il me veillait. Il était sur le trottoir aussi quand je suis sortie de la galerie et que j'ai trouvé mes chaussures ridicules.
Je me demande pourquoi toujours cette sensation de ridicule.
J'ai à peine écrit sur le soleil et voilà que la nuit tombe.
J'ai à peine écrit sur le soleil, la nuit tombe et je sens qu'elle m'invite elle aussi.

Je vais changer de chaussures.
Et.

J'enjamberai la Seine d'abord
J'envisagerai un virage ensuite
Et quand la rue sera sombre
Mon sourire et moi
Nous frôlerons l'anthracite



06/11/2014

*Livrer*


























J'ai acheté deux livres en passant. Le premier commence par cette phrase : " Ce que je fais ici, c'est rester sur cette tombe, B5 touchée coulée." Je venais de traverser le cimetière, ça tombait bien. Je venais de traverser le cimetière encore. Je venais de traverser avec plaisir le cimetière encore, le cimetière éclairé par le soleil d'automne. Les pieds dans les feuilles mortes. La tête au creux des tombes. Les chrysanthèmes. Le doré des lichens. La pierre. Le silence. L'abandon.
Le deuxième livre commence par cette phrase : "Ça compte malgré tout, même si cela s'est passé alors qu'il était inconscient." Pas de coïncidence pour celui-là. Ou alors, oui, ça compte malgré tout. Malgré tout, oui, ça compte de plus en plus.
J'ai continué à marcher, je déambule toujours un peu avant de rentrer. Lou Doillon prenait un verre en terrasse avec deux hommes. Elle avait une queue de cheval. Je marchais seule. Je n'avais pas attaché mes cheveux.
En arrivant, un petit livre m'attendait dans ma boîte aux lettres. Il commence par cette phrase : "On imagine toujours que le poète est un être pacifique doux et un peu simplet.../..." (Je triche car il n'y a pas de point et ça continue sans point sur toute la longueur du texte.) J'ai aimé recevoir ce livre. J'ai inévitablement pensé à celui que j'aurais dû recevoir un jour et que je n'ai jamais reçu. J'ai aimé découvrir ce tout petit livre dans l'enveloppe. J'ai aimé lire les premières pages. Je vais le terminer ce soir.
Après j'ai coupé des légumes dans la poêle et je me suis encore demandé ce que j'allais devenir.

Publicité :
Un coloriage de l'Avent est disponible dans le magasin.

Et puis,  je me demande si Mirabelle va trouver de quels livres il s'agit dans cette petite histoire...
Et puis, merci pour vos mots gentils, je regrette de ne pas ou plus avoir vos mails pour vous répondre.


03/11/2014

*Jeter*






















































Alors j'ai ouvert la fenêtre. Une bourrasque s'est engouffrée dans la pièce. Mes papiers se sont envolés, j'étais tout ébouriffée.
J'ai ressenti l'invitation.
De mon placard, j'ai tout sorti. J'ai balancé dans le ciel la robe grise la robe noire la jupe taupe les collants verts le pull kaki le gilet rose la chemise blanche les bas zibeline le manteau bleu la veste grise l'écharpe beige le sweat d'hiver les ballerines jaunes la marinière le caraco la robe fourreau le jean usé le corsage offert les culottes les nuisettes le chandail en mohair le pantalon ivoire les chaussettes rayées le foulard en soie le sac les bretelles...
J'ai envoyé balader les manuscrits les lamentations les carnets noirs les bouts de rien les souvenirs usés les bocaux vides les bocaux pleins les chaises écaillées un vieux tableau le tuyau d'arrosage les patins à roulettes les draps fleuris les draps unis les oreillers percés les édredons éventrées les plumes les couettes les couleurs délavées les livres cornés...
J'ai empoigné les assiettes, elles ont volé, j'ai jeté jeté balancé les vieilles rengaines crié par la fenêtre ouverte et j'ai regardé mes guenilles mes vieilleries mes valises se dandiner dans l'air s'accrocher aux branches aux nuages s'écraser sur le trottoir...
Me voilà nue et muette debout sur le parquet.
J'attends le renouveau.  Je voudrais qu'il soit léger.

24/10/2014

*Compter*




















Il y a eu celle-là.
Il y en a eu une autre aussi. Les mails n'existaient pas encore. Mon papier à lettres était bleu.

En juin dernier
Je lui rendais visite
Et
Surprise
Je ne m'y attendais pas du tout
Je n'aurais pas pu imaginer
Je la connaissais à peine
Elle m'a proposé
C'est presque incroyable
Une correspondance.
Bonheur.

Elle a envoyé la première lettre
Je poste aujourd'hui ma huitième
J'en ai neuf d'elle
C'est presque un secret.
J'espère que nous nous écrirons longtemps.

J'ai dû lui poster deux cartes postales aussi
Il y a aujourd'hui sept roses blanches épanouies et graciles à mon rosier
J'ai quatre chatons tout ronds sur mon canapé
Je viens de boire un mauvais café
J'ai reçu un virtuel baiser à 7h08
Je dessine vingt-quatre dessins minuscules
Trois abonnés de plus et j'atteindrai un chiffre rond
J'ai écouté cinq fois de suite la même chanson
Je ne sais pas comment chiffrer le silence
J'ai lu deux livres en quatre jours alors que je ne lisais plus
J'ai trois lieux pour écrire
J'attends une réponse
J'ai épluché neuf pommes
J'habite au cinquième
Ils partent quatre jours
Ceci est mon cinq cent vingt-sixième papillonnage
Je ne sais pas vraiment jusqu'à combien je peux tenir




19/10/2014

*S'endimancher*


















Je reçois : "Dimanche solaire. Rouge et doré. Pensées."
J'envoie : "Dimanche silence. Dimanche lecture. Dimanche lenteur. Dimanche cogitation. Dimanche chatons. Dimanche sourire. Dimanche poulet rôti. Dimanche rose blanche. Dimanche écriture. Dimanche lessive. Dimanche jupe parachute. Dimanche allô. Dimanche vélo. Dimanche tango. Dimanche chaussures dorées. Dimanche cavalier. Dimanche on danse. Dimanche ça tourne. Dimanche ça virevolte. Dimanche un verre. Dimanche à bientôt. Dimanche marcher un peu. Dimanche attraper le bus. Dimanche bercée. Dimanche qu'est-ce qui m'arrive. Dimanche une envie. Dimanche non. Dimanche si. Dimanche oreillette. Dimanche le message du 11. Dimanche pourquoi maintenant. Dimanche play. Dimanche fermer les yeux. Dimanche pincement. Dimanche spleen. Dimanche. Dimanche. Pensées."



16/10/2014

*Garder*
































Je garde des moustaches de chats dans une boîte à fleurs
Je garde mes dents de lait
Je garde un oeil sur eux
Je garde des paquets de lettres d'amour, je ne sais plus toujours qui me les a écrites
Je garde des petits bouts de pas grand-chose (des miettes, dirait Julie)
Je garde une cicatrice que vous ne pouvez pas voir
Je garde quatorze bocaux remplis avec des choses de toutes sortes récupérées sur plusieurs années dans les poches d'un de mes fils
Je garde espoir (mensonge)
Je garde un message depuis le 11 octobre 2013 dans mon téléphone, je n'ai ni le courage de l'effacer, ni de le réécouter
Je garde tous les tickets de mes sorties depuis que je vis à Paris
Je garde de nombreux secrets heureux
Je garde un petit caillou spécial
Je garde les yeux fermés pendant les scènes violentes des films
Je garde de nombreux secrets douloureux
Je garde une plume
Je garde le numéro de téléphone de personnes que je n'appellerai plus
Je garde les cheveux longs
Je garde beaucoup de choses pour moi

Je ne sais pas vraiment pourquoi j'ai commencé cette liste, je n'aime plus les listes. Je pourrais continuer celle-là longtemps, je garde de moins en moins mais toujours beaucoup trop. Je crois que je ne savais pas trop quoi écrire mais que j'avais juste envie d'écrire une chose que je gardais au chaud.

J'ajoute que, depuis dimanche, je garde près de mon lit un méli-mélo d'amour : les quatre chatons de Maïa que j'embrasse des dizaines de fois par jour.


09/10/2014

*S'enjuper*




















Quand je suis entrée dans son bureau, j'ai regretté d'avoir choisi cette jupe. Mes talons ont fait beaucoup de bruit sur le vieux parquet, j'ai fini par marcher sur la pointe des pieds.
Il m'a apporté un café dans un gobelet en plastique blanc.
Et il a tout déballé.
Et puis j'ai tout déballé.

Quand je suis ressortie dans la rue et que le vent doux faisait voler ma jupe, je n'ai plus regretté.
Quand j'ai pris un vélo et qu'elle dévoilait mes collants à plumetis en faisant des vagues, je me suis dit, j'ai bien choisi.
Et quand, en montant les marches en bois du parvis, elle s'est gonflée comme un petit parachute, alors là j'étais comblée.

Une jupe, un peu de vent et j'oublie....

*

Et puis ce matin une sensation, et puis sous la douche une phrase qui en découle : je crois que je préfère l'étiolement à la coupe franche.
Peut-être quand cela m'arrange.

Les calendriers 2015 sont dans le magasin !


04/10/2014

*Amainer*


































Ajouter encore : Les mains lavent, les mains enveloppent, les mains rassurent, les mains s'opposent, les mains poussent, les mains sèment, les mains s'aiment.... Les mains. Les petites mains. Les grandes mains. Toutes les mains.


30/09/2014

*Laler*
















Un baiser, là, un baiser, là, un baiser, là
Lalalalala
Pédaler vite, là, sous les arcades, là, tourner à droite, là
Lalalalala
Un café, là, une petite table au soleil, là, Chez Céleste, là
Lalalalala
Un port de bras, là, une pirouette, là, un arabesque, là
Lalalalala
Dessiner des petites vagues, là, écrire une longue lettre, là, photographier, là
Lalalalala
S'inspirer d'Apollinaire, là, d'un fantôme, là, de ce reflet, là
Lalalalala
Trois petits dalhias ronds, là, une jolie chanson, là, le ventre de Maïa, là
Lalalalala
Se dandiner, là, croquer, là, respirer, là

Aujourd'hui était un jour lalalalalalalalala...........
Léger, volatile, et éphémère.