23/03/2015

*Morceler*































Je ressens les morceaux les bribes l'étiolement
Je ressens l'espace le vide l'immensité le vertige
D'un côté, le mur
De l'autre, le précipice
J'entends mes répétitions
J'entends mes lamentations
J'entends mes rengaines
J'entends mes doutes
J'entends mes certitudes

Je ressens le disloquement
Je ressens l'éparpillement
Je ressens le vieillissement
Je ressens l'anéantissement

Je ressens le léger aussi
Si si
Le léger
J'aime
J'aime le léger
Le léger du baiser sur la nuque
Celui du vent sous les jupes
Des mots volatiles et éphémères
Des mots qui volent dans les airs

J'appréhende la chute
Cependant
J'appréhende le renversement
Le lent renversement
Alors que je veux j'attends je guette le bouleversement
Le bouleversant bouleversement

J'aimerais que quelqu'un m'attrape me rattrape
J'aimais bien quand vous saviez et que je ne savais pas.

*

Alors oui c'est vrai il me manque encore les chaussures vertes pour avoir le pied léger
J'ai trouvé des jaunes je vais essayer de sautiller avec
Pour voir

*

Ce que j'aime, c'est te dire n'importe quoi et te voir rire et rire avec toi.

*

Mais voyons, amusez-moi !

*

Sinon vendredi, j'ai décoré une nouvelle vitrine.


19/03/2015

*Croustiller*






















Ça commence par la tartine quand l'appétit le veut bien
Et le grand bol
Puis quand la porte s'est claquée trois fois
C'est le silence qui s'installe avec ses bruits
Je ne vous dresse pas la liste
La radio m'accompagne mais je m'évade je décroche je divague

J'ai envie d'une petite folie

Tout de suite
J'aime les rituels mais j'aime aussi quand ça croustille
Tu viens ?
J'aimerais bien t'entendre ce matin...


Et puis avec le code PAPILLON, les frais d'expédition sont offerts pour vos commandes jusqu'à dimanche.



16/03/2015

*Cygner*


Les petits pas les petits pas les petits pas des petits rats
Un nuage de cygnes blancs qui ondule qui avance qui recule
J'ai le tournis le vertige la larme facile
Le tutu de travers
Le froufrou à l'envers
La nostalgie tsunami
La ride amère
Le regret éternel

*

Ce matin, il y a un rayon de soleil sur l'anémone rouge. Le pétale s'éclaire. Mon regard le traverse.
La première gorgée me brûle. Je pense à tous ces renoncements. Je pense au renoncement. A l'abandon. Je ne digère pas les regrets. Je ne sais pas combler les manques. J'attends. Je me résous maladroitement. Je ne me résous pas, au fond. Mais je sens que je renonce. Toujours.
Et renoncer, c'est s'éteindre un peu.

*

Il y a aussi les petites fleurs blanches. Avec l'anémone. Les raies et les taches de soleil. Sur le parquet.
Et, dans le silence, tout ce que je n'ai pas dit à temps.



13/03/2015

*Salader*



























Un, je sème
Deux, j'arrose
Trois, je patiente au soleil
Quatre, j'admire les petites pousses
Cinq, je coupe sur mes salades des herbes toutes fraîches...

Basilic, Coriandre, Ciboulette, des nouvelles cartes à semer, à s'offrir, à envoyer à vos amis...

Et vous pouvez également trouver les cartes en allant vous régaler chez Maison Bastille, car c'est avec elle que nous les avons imaginées pour vous !


11/03/2015

*S'habituer*




























Je continue à dessiner des petits bouquets
Maïa me cloue à ma chaise
Ça tombe bien

*

Ce matin, Claude avait un souci alors, en faisant mon café, il a appelé sa femme et il a dit, comment ça va mon chéri, tu sais mon chéri ce qu'on va faire, eh bien mon chéri tu vas appeler ton copain et tu vas lui dire de venir...
Et moi j'admirais Le Mépris de Moravia que je venais de trouver pour trois euros dans une vieille édition de poche et j'adore ces livres à la tranche des pages en couleur celles-là sont d'un bleu d'un bleu très joli et la quatrième de couverture merveilleuse bref ça m'a donné cinq minutes de bonheur futile avant le retour aux vagabondages de mes pensées dans le labyrinthe sombre de mon cerveau je me demande si vous me suivez.
Et Claude il m'a dit Ciao !
Il se relâche chaque fois un peu plus, Claude. A moins que ce soit moi qui devienne une habituée.


09/03/2015

*Bouqueter*




Cette première journée printanière m'a donné envie de petits bouquets de brins
De brins d'herbes
De brins de fleurs
De fleurettes
De petites feuilles
De pâquerettes

Mais Paris manque de petits chemins pour cueillir des brins
Je vais en dessiner quelques-uns
Des petits bouquets
Et nous verrons bien

*

Claude
Je vous ai déjà parlé de Claude
C'est le barman du zing en bois
Celui à qui je ne parle pas
Eh bien mardi dernier
Il s'est détendu le Claude
Il m'a glissé
"Voilà Miss"
En posant devant moi mon allongé
(J'aime bien Miss. Même si je n'aime pas Claude.)

*

J'ai envie de chaussures vertes
De robes à plis
De cheveux plus gais
D'éclats de rire
J'ai envie de ce sofa
De mes pieds nus repliés sous moi
De mes pieds nus glissés sous toi
De mes pieds nus dans l'herbe
Sur le parquet
Dans mes chaussures
Vertes
Ou dans tes mains
Tiens

*

J'ai envie d'une bouche framboise
Du cou d'un cygne autour de moi

*

Un petit mot. Là.




03/03/2015

*Accueillir*




C'est souvent les mots
D'abord
Mais il arrive parfois que ce soit
Le dessin.

Celui-ci traîne depuis quelques jours à côté de moi

Il est mon envie d'un endroit
D'un rez-de-chaussée à la porte vitrée
Gondolée
Ouvrant sur un jardin
Une cour pavée

Je pourrais dans cet endroit installer un sofa fleuri
Un lustre à pampilles
Et je vous accueillerais dans ma désuétude
Dans mon abandon
Nous pourrions nous sourire

Mais je n'ai pas cet endroit
Et mon vernis s'écaille
Tiens
Ce matin







26/02/2015

*Cacher*






















J'ai cachécousu le secret n°4 dans un morceau de tissu
Je l'ai mêlé à d'autres petites choses
Désuètes
Futiles
Inutiles
Un petit dessin original aussi
Puis j'ai fait un petit nœud
C'est tout

Juste de quoi rêver un peu à l'heure de la sieste...

Là 

Voilà.

25/02/2015

*Consteller*



















"Entre nous, on aurait pu dire
que rien n'était couru
ni même cousu,
pas moins d'avance que de fil blanc.
Parlant de couture d'ailleurs..."

Un jour, j'ai cousu ma bouche
Un jour, je me suis offert une bouche épinglée sur un coeur
Un jour, je prendrai ta bouche
Un jour, ma bouche sera rouge
Un jour, j'ai regardé sa bouche
Un jour, j'ai posé un doigt sur ma bouche
Un jour, j'aurai une vieille bouche
Un jour, j'ai effleuré
Sa bouche
Un jour, tu prendras ma bouche
Cousue

Un jour
Mon amour

#moissondepoésie
Ceci est ma petite contribution au concours proposé par Victoire.


24/02/2015

*Répondre*



























Edit de 18h34 : L'inconnue s'étant dévoilée, la petite lettre s'envolera chez elle dès demain....


19/02/2015

*Re-cendrillonner*
























Cette nuit, j'ai rêvé.
Je me souviens rarement de mes rêves depuis quelques temps.
Cette nuit, j'ai rêvé qu'il y avait, non pas un petit pois, mais un nid de souris couinantes sous mon matelas.
Je l'ai soulevé. Affolées, les bestioles adorables et minuscules, gris anthracite, le poil visiblement très doux, ont couru en tout sens. J'étais partagée entre la peur et l'envie.
La peur de la peste grouillante. L'envie de tenir dans ma main une mignonnette.
Finalement, je me suis lancée. J'ai tâtonné vers les petites folles effrayées. J'ai réussi à  attraper la plus grosse, qui a immédiatement retourné son museau sur mon doigt pour me mordre. Je ne me souviens pas de la morsure. Je crois qu'elle a renoncé.

Je ne sais pas quelle interprétation feraient les savants de ce rêve.
Moi, évidemment, je me dis qu'il me manque toujours un peu de cendrillonner.

(Et déambuler en haillons sous les ponts. Et virevolter en chaussures dorées quand la nuit vient à tomber. Sous un lustre à pampilles. Oui oui.)


16/02/2015

*Mélanger*




















Je n'ai pas enlevé les traces de mains sur les vitres
Je ne lui ai pas fait de cake au citron
Je ne lui ai pas proposé de kiwi de pommes ni de noisettes
Je n'ai pas fini ma tasse, le café n'était pas bon
Je ne lui ai pas préparé de salade improvisée
Je ne lui ai pas resservi de thé
Je ne lui ai pas fait visiter ma maison à l'abandon
Je ne lui ai pas fait de cadeau
Je ne sais pas
Je ne sais plus faire tout ça
Je suis restée assise
La nappe était à carreaux
Je l'ai écoutée me parler de son futur palais
Nous avons mélangé nos doutes nos faiblesses évoqué notre projet insensé
Cette rencontre est si riche

Je suis allée deux fois au théâtre en trois jours
La dernière phrase de chacune des pièces a résonné longtemps après
J'ai répété longtemps après au rythme de mes pas la dernière phrase de chacune des pièces
Puis
J'ai pensé à ce jardin
A cet endroit particulier
J'aurais voulu être en été pour m'accouder à la table de marbre entre les graminées
J'aurais voulu entendre mes pieds avancer dans les graviers
J'aurais voulu la robe en soie et les bras nus dans la pénombre

C'est l'hiver encore
Il reste cette petite forêt silencieuse
Il reste les branches des arbres nus qui se dessinent sur le ciel bleu profond de la nuit


09/02/2015

*Se regonfler*



Il fait froid
Le gros pigeon sur mon balcon gonfle les plumes de son cou et y enfonce sa petite tête
Son col est roux

Je regarde par la fenêtre mes plantes qui n'en peuvent plus de se rabougrir

C'est samedi soir que c'est arrivé
Je n'y croyais plus
L'envie de sautiller sur le quai en allant chercher le pain dans le vent glacé
L'envie est revenue
Fragile
L'envie d'un vert tendre
D'un magasin de fleurs
D'une embrassée sincère
Et de photos
Immobile
Devant des tapisseries anciennes

J'ai dessiné des fleurs tout le dimanche
Ça sentait le gâteau aux pommes
J'ai collé des photos dans le carnet
J'ai essayé d'organiser mes notes
J'ai compris une fois encore que je ne pouvais pas m'organiser
Que les petits mots mal écrits partout n'importe comment ne pouvaient pas répondre à un ordre

Je suis très en désordre
Il est un peu trop tard pour y remédier

Je vous ai préparé deux petits bouquets
De violettes


04/02/2015

*Lettrer*
























Je reçois parfois des lettres de lectrices
Des lettres de Julie
Des lettres
De
Les trouver dans ma boîte en descendant
C'est presque un délice
Je regarde l'enveloppe je la tourne je ne reconnais pas toujours l'écriture
Et sourire

J'ai déjà dit tout ça
Le plaisir de la découverte
Le plaisir d'avancer dans la rue en décachetant
Le plaisir désuet de déplier la feuille ou de retourner la carte
Le plaisir de lire d'imaginer la voix la personne la main le regard le sentiment
Le plaisir d'avancer sur les quais avec les mots qui se promènent
Le plaisir de tout replier et de glisser l'enveloppe dans le sac
Le plaisir de se perdre un peu dans l'instant
Dans la sensation qui se prolonge

Et puis le plaisir de la réponse
Mêlé au doute
Toujours
Le plaisir de coller le timbre
Le plaisir du chemin jusqu'à
Le plaisir de glisser l'enveloppe de l'échapper dans la boîte jaune
De l'abandonner
Et puis la magie
Imaginer
Le chemin par les nuages
Par des galeries souterraines
Un tourbillon
Et
Le lendemain
Elle atterrit
Dans la boîte désignée
Alors
D'autres mains découvrent
Caressent
La lettre
Et
Ainsi de suite

Le papillon ou l'art de la répétition.
Pardon.


02/02/2015

*Vagabonder*



Je continue
Vous savez
A zinguer

Le mardi
Souvent
Je me glisse contre le même zing et
Paradoxe
Il est en bois

Il me connaît maintenant celui qui me sert mon allongé
Il me connaît mais il ne me dit rien d'autre que bonjour madame merci au revoir madame bonne journée madame

Il n'y a que des hommes
Toujours
Au comptoir
Peu m'importe
Je fais vite et j'ignore

Ce mardi à ma droite celui qui déjà ballonne au blanc
A ma gauche celui qui lit les nouvelles le nez dans son journal
Je tourne la cuillère dans ma tasse j'ai gardé mes mitaines
Je tourne je regarde les bouteilles alignées la pendule les lumières
J'écoute ma pensée vagabonde je me concentre sur ce que je vais dire peut-être après écrire surtout un jour
J'écoute mes voisins à peine le percolateur les petits chocs des verres des tasses des coupelles
Le café est brûlant
J'aime le sentir dans mon gosier

Je crois que ce sont mes pieds qu'il remarque d'abord le lecteur sur ma gauche
Alors il lève le nez
Discret
Ha, une dame à ma droite, doit-il penser
Et
Replonge
Et
Alors
Se met à chantonner
Déconcentré

Je souris
Dernière gorgée
Je repose ma tasse dépose ma pièce je m'éclipse
Et
Les hommes en choeur :
Bonne journée !

Alors
Sur le trottoir
Je fais danser ma jupe et je souris jusqu'au tournant

Après
C'est une autre histoire


Il y a quelques mois, j'ai fait le carton de déménagement de la famille Pimprenelle et des cartes de visite aussi. Entre autres. Je suis en retard dans les photos des commandes particulières....