14/09/2013

*Se souvenir* #1



















Je me souviens de cette boîte de gâteaux entre nous. Une boîte de gâteaux en fer. Carrée. Fermée.
Nous étions assis par terre, sur la moquette grise, élimée, adossés au petit canapé qui me servait de lit.
Le studio était très petit.
Je portais une jupe en daim marron. Un marron fauve. Une jupe droite légèrement évasée, plutôt courte, au-dessus du genou. Une jupe un peu Bonnie. Mes collants étaient noirs, opaques, mon pull, noir aussi. Je n'ai aucun souvenir de sa tenue à lui.
Mes genoux étaient collés l'un à l'autre, repliés vers moi, mes pieds joints, posés à plat sur le sol. J'avais des chaussures à talons.
Nous discutions, la boîte de gâteaux posée par terre entre nous.
Il regardait mes jambes. Il me dit : Je n'avais jamais remarqué la cambrure de ton pied.
Nous avions été dans le même cours de danse, dans une autre ville, pendant un an, sans jamais nous parler. Je ne sais même pas comment nous nous étions retrouvés chez moi quelques années plus tard avec cette boîte de gâteaux entre nous.
Je ne me souviens pas de son prénom non plus, L. peut-être, seulement de la façon dont je me suis assise sur ses genoux, un peu plus tard dans la nuit, sur un petit banc isolé de la butte. Montmartre.


Ce petit texte fait parti des souvenirs que j'ai écrits cet été et que je devais envoyer à quelques-unes d'entre vous en version manuscrite. Ce petit texte fait partie du projet des "souvenirs éparpillés". Mais je suis désolée, pour l'instant je renonce. Je ne suis pas satisfaite du résultat.

7 commentaires:

JEAN STARCK a dit…

Tu renonces trop facilement,ces souvenirs sont très bon.

mirabellef a dit…

oh mais petit papillon c'est si beau, c'est si toi. Ne renonce pas trop longtemps tu risquerais de renoncer pour de vrai... Bises.

Sandrine a dit…

C'est un bien jolie souvenir :)

D.Balla a dit…

L idée est tellement irrésistible de recevoir dans sa boîte un tel souvenir...je peux apercevoir le renoncement mais un papillon même avec des ailes légères, fragiles, s'envole dans la dureté de la ville...

Céline a dit…

Oh non petit papillon, ne renonce pas, c'est tellement beau ce que tu écris!

little a dit…

quelle inspiration... quelle respiration... de venir ici.

Virginie Z' a dit…

♥ Il ne faut pas, il ne faut plus ! Tu es si grande S. Ne renonce pas, laisse toi le temps, continue d'écrire, glisse ses souvenirs dans une enveloppe et ose !